17 Avril 2019

Afrique du Nord: Crise libyenne - Efforts pour l'arrêt des combats, le bilan des victimes s'alourdit

Photo: Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL)
Les secours interviennent sur le lieu d'une attaque perpétrée contre le ministère libyen des Affaires étrangères à Tripoli (archives).

Tripoli — Deux semaines après le début de l'agression militaire menée contre la capitale libyenne Tripoli par les troupes de Khalifa Haftar, les appels internationaux à la fin des combats se multiplient, alors que le nombre de victimes ne cesse de s'alourdir atteignant au moins 174 morts et plus de 750 blessés.

Un projet de résolution sur la Libye, réclamant un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combats près de Tripoli, est en débat au Conseil de sécurité de l'ONU.

Initié par la Grande Bretagne, le projet de texte demande à toutes les parties en Libye de faire baisser la tension et de s'engager dans un cessez-le-feu et un processus avec les Nations unies pour obtenir un arrêt des hostilités complet.

Elle demande aussi à toutes les parties de prendre des mesures pour un accès humanitaire inconditionnel aux populations affectées.

Au moment où le Conseil de sécurité se réunissait, mardi soir, pour examiner le texte, Tripoli a été cible des groupes de Haftar, par plusieurs roquettes dont les explosions ont fait six morts, dont deux femmes et 11 autres blessés dans les quartiers d'Abou Slim et Al-Antissar, dans le sud de la capitale.

Dans ce contexte, le secrétaire général des Nations Unies a appelé à une cessation immédiate des combats, a souligné le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, faisant état de la vive préoccupation d'Antonio Guterres quant à cette situation.

M.Salamé qui avait rencontré plusieurs représentants libyens appelant à la fin des hostilités et à la reprise du dialogue, a condamné cette "attaque aveugle" qui a endommagé des habitations civiles, des écoles et des infrastructures.

Depuis le début de l'agression contre Tripoli, de nombreuses familles libyennes ont du fuir les zones touchées dans le sud de la capitale libyenne, en se dirigeant vers le centre de Tripoli et ses environs immédiats pour se protéger.

Selon les services de l'ONU, plus de 18 000 déplacés ont été recensés en dehors de la capitale, notamment à Tadjoura, Al-Maya, Ain Zara et Tarhouna.

Pour sa part, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a annoncé la veille avoir évacué plus de 150 réfugiés, parmi lesquels des femmes et des enfants, du centre de détention Abou Sélim, dans le sud de la capitale libyenne, vers son Centre de rassemblement et de départ dans le centre-ville.

== Inquiétude des pays de la région==

Le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) libyen, Fayez al-Sarraj, qui s'est rendu dans la nuit de mardi à mercredi aux quartiers d'Abou Slim et Al-Antissar, touchés par des tirs de roquettes, a dénoncé "la sauvagerie et la barbarie" des troupes commandées par le Khalifa Haftar, qu'il a qualifié de "criminel de guerre".

Dans une vidéo publiée par son service de presse, le chef du gouvernement s'est engagé à présenter demain tous les documents à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Avec l'agravation de la crise, des craintes ont été également exprimées notamment par des pays voisins et l'Italie, alertant sur les conséquences de cette crise qui pourrait affecter lourdement toute la région.

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum et son homologue tunisien, Khémaies Jhinaoui ont mis en avant "le rejet de la solution militaire et appelé à l'arrêt immédiat des combats.

Lors des entretiens tenus en marge des travaux de la 5e session du Forum Russie- Monde Arabe, les chefs de la diplomatie algérienne et tunisienne ont invité "les frères libyens à adopter le dialogue inclusif et la réconciliation nationale en tant que unique voie pour parvenir à la

solution politique consensuelle et pacifique escomptée, suivant le processus parrainé par l'ONU, loin de toute ingérence dans les affaires internes de la Libye pour la préservation de sa souveraineté, de sa sécurité et de son intégrité territoriale".

De son côté, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a fait part de son inquiétude quant à l'intensification des combats en Libye soulignant que cela pourrait pousser des dizaines de milliers de migrants à tenter de rejoindre les côtes italiennes.

Sur le terrain, les responsables des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) continuent à rassurer que la situation à Tripoli demeure "sous contrôle" malgré l'intenisité des hostilités menées par les troupes armées de Khalifa Haftar, alors que le pays se préparait à tenir une conférence nationale de réconciliation les 14 et 15 avril à la ville historique de Ghadamès.

En savoir plus

Les bombardements des zones habitées sont une violation flagrante du droit international (ONU)

Les bombardements violents qui ont frappé mardi soir un quartier densément peuplé de la capitale… Plus »

Copyright © 2019 Algerie Presse Service. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.