Mali: Ibrahim Boubacar Keïta peine à convaincre

Beaucoup de Maliens jugent les annonces faites par le président lors de son allocution télévisée insuffisantes.

Les annonces faites par le président Ibrahim Boubacar Keïta ne rassurent pas une grande partie de la population malienne. Dans une adresse à la Nation mardi soir à la télévision nationale, le chef de l'Etat Malien a pris un certain nombre de mesures pour tenter d'apaiser le climat social. Il s'agit entre autres de la mise à disposition de fonds pour sécuriser le centre du pays et pour venir en aide aux déplacés. D'autres annonces, notamment sur la révision constitutionnelle, ont été faites.

Un milliard de Fcfa sera ainsi mobilisé au profit des populations du centre affectées par les conflits. Les services déconcentrés de l'Etat bénéficieront également d'un fond de douze milliards de Fcfa pour financer le plan stratégique de sécurisation des régions du centre. Les salaires des enseignants grévistes qui réclament de meilleures conditions de travail seront également débloqués.

Néanmoins, ces mesures présidentielles sont loin de satisfaire tout le monde, à l'image du juriste Mohamed Assaley :

"Je crois que c'est un discours décevant du président de la République. C'est un discours qu'il aurait pu utiliser pour se rapprocher du peuple en annonçant clairement les choses dans le domaine sécuritaire et sur la question liée au départ du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga réclamée par une majeure partie de la population malienne qui estime qu'il a montré ses limites."

5 jours de concertation nationale

Parmi les autres annonces d'Ibrahim Boubacar Keïta : la tenue d'une concertation nationale autour de la révision constitutionnelle du 23 au 28 avril.

Kalidou Sidibé est professeur en sciences politiques à l'université de Bamako :

"La tenue des concertations nationales autour de la révision constitutionnelle est une bonne chose. Mais le délai que le président donne est extrêmement court. Je pense que ce ne sera pas possible de débattre de l'ensemble des questions auxquelles le Mali fait face en cinq jours. Vu le contexte sécuritaire, la fragilité institutionnelle et politique, les autorités ne doivent pas s'engager dans une perspective de réforme constitutionnelle."

Le message du président laisse aussi l'enseignant Aly Tounkara sur sa faim :

"Nous avons compris qu'il y avait de la nostalgie en passant par le rappel des enjeux contemporains dans son discours. Mais lorsqu'on s'intéresse au contenu, on se rend compte que les innovations sont timides à la limite absentes hormis la seule particularité accordée aux déplacés du centre du Mali."

D'après le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, 219 personnes ont été tuées depuis le début de l'année dans des violences intercommunautaires au centre du Mali.

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