Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Félix Tshisekedi en croisade contre les groupes armés

Relever rapidement les troupes en poste depuis longtemps dans la province, et ensuite, apporter des moyens supplémentaires aux Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) dans leur lutte contre les groupes armés dans cette partie du pays, tels sont les deux grands axes stratégiques de la nouvelle approche mise en place pour éradiquer la menace que représentent dans la région les rebelles ADF et compagnie.

C'est au Nord-Kivu que Félix Tshisekedi a entamé sa première tournée à l'intérieur du pays, depuis son investiture le 24 janvier dernier. Une tournée qui a débuté par Goma où il a présidé, le 15 avril, une importante réunion de sécurité en continuation de celle du Conseil supérieur de la défense, tenue la veille, à Lubumbashi. La situation sécuritaire dans cette province était au centre des préoccupations avec, à la clé, la détermination affichée par le chef de l'Etat d'éradiquer le phénomène « groupes armés » qui constitue une source d'instabilité récurrente dans la région.

Après Goma, Félix Tshisekedi s'est rendu à Beni, le territoire-martyr du Nord-Kivu où plusieurs centaines de civils ont été massacrés depuis octobre 2014. La population de ce coin du pays est constamment en proie à des attaques perpétrées par des groupes armés qui lui prive de toute quiétude.

Les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), historiquement des musulmans ougandais luttant contre le président Museveni et installés dans l'est du Congo depuis les années 1990, sont particulièrement les plus actifs dans cette partie du pays où ils se signalent par des attaques à répétition sur des paisibles citoyens. Leurs incursions récurrentes à Beni, Butembo et dans les villages environnants laissent toujours des traces, créant souvent un vent de panique justifié par l'ampleur des dégâts qu'elles occasionnent. C'est justement pour rassurer la population-martyre de Beni-Butembo et lui réitérer sa volonté de restaurer la paix que le président de la République a tenu à s'y rendre personnellement. Il a été accueilli en grande pompe par les habitants du coin qui ont vite adhéré à sa vision libératrice d'une région qui, depuis plusieurs années déjà, ploie sous l'emprise des rebelles ADF. « Je viens dans l'est pour régler la situation sécuritaire (... ). J'ai un immense amour pour l'est du pays où j'ai commencé ma campagne électorale. Je suis au courant de vos diverses préoccupations et de l'insécurité qu'y règne », a-t-il déclaré à l'intention de la population de Beni, tout en réitérant sa promesse de venir s'y installer tout au long de son mandat.

S'occuper en premier lieu de ceux qui tirent les ficelles

Quant à la manière dont il entend mettre fin à l'insécurité alimentée notamment par les rebelles ADF, Félix Tshisekedi pense d'abord s'occuper de ceux qui tirent les ficelles dans l'ombre, en l'occurrence, les acteurs politiques locaux soupçonnés d'accointances avec les groupes armés. Tout en leur lançant un avertissement, il les menace en même temps de poursuites pour « complicité d'assassinat ». Et le chef de l'Etat d'enchaîner : «Tous ceux qu'on arrêtera, qu'il soit député national ou provincial, pas question d'immunité. Il sera traduit devant la justice ».

En effet, plusieurs rapports ont confirmé la collusion de quelques responsables militaires avec les groupes armés. Ils sont accusés de les entretenir et de leur vendre des équipements militaires. Le dernier rapport de la Ciddhope est on ne peut plus explicite et évoque le « manque de volonté du commandement militaire de la région » qui, d'après l'ONG, serait à la base de cette situation. « Les importantes ressources minières, mais aussi de bois dans la région, attisent les convoitises des différentes rébellions pour assurer leur subsistances, mais aussi des hauts gradés de l'armée régulière, qui prélèvent sur ces trafics de confortables commissions », peut-on lire dans ce rapport.

Au nombre des décisions prises, il est fait état, entre autres, du relèvement rapide des troupes en poste depuis longtemps dans le Nord-Kivu, mais aussi, de la nécessité de doter les Fardc des moyens supplémentaires afin qu'elles soient plus efficaces dans leur action contre les ADF et assimilés.

Par ailleurs, alors qu'il recevait dans un autre cadre les autorités de la province, Félix Tshisekedi les a instruites de sensibiliser davantage les communautés à la question des groupes armés et de dissuader les jeunes à les rejoindre. A tous les membres des groupes armés opérant dans la région, le chef de l'Etat les a exhortés à cesser leurs activités.

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