Sénégal: L'hémophilie encore "mal connue" des Sénégalais

Thiès — L'hémophilie est une maladie encore mal connue des populations sénégalaises, malgré sa gravité, a indiqué mercredi le médecin-chef de la région de Thiès, docteur Malick Ndiaye.

"Malgré sa gravité, l'hémophilie reste encore mal connue par les populations", a-t-il indiqué à l'occasion d'une cérémonie marquant la commémoration la Journée mondiale de l'hémophilie, rencontre qu'il présidait au conseil départemental de Thiès.

Cette manifestation portait sur le thème "Diagnostic et sensibilisation : première étape vers une prise en charge adéquate".

L'hémophilie est "la plus fréquente des maladies hémorragiques", et constitue une affection héréditaire se retrouvant chez "un nouveau-né sur 10.000 naissances au Sénégal, sans prédilection de région, de race ou d'origine géographique", a-t-il indiqué, avant de signaler que cette maladie se transmet de mère en fils, et concerne "à 99%" les hommes.

Les filles nées d'un parent hémophile peuvent toutefois le transmettre à leur enfant, explique-t-on.

Cette maladie est "sous-diagnostiquée" au Sénégal, puisque sur un nombre de cas devant tourner "théoriquement" autour de 1600 malades, seuls 239 ont été détectés. La région de Thiès en compte 27.

En 1990, 30 patients étaient détectés et suivis au Centre national de transfusion sanguine (CNTS).

"Bien souvent, des causes mystiques sont évoquées pour l'expliquer. Devant les saignements, la santé précaire des patients et l'apparition d'autres cas dans la famille, il en résulte une stigmatisation des personnes concernées ainsi que de leurs parents", a souligné docteur Ndiaye.

"L'hémophilie nécessite des soins à vie et le poids de la prise en charge demeure très lourd pour les familles surtout déshéritées", a ajouté le médecin-chef de Thiès, précisant qu'une prise en charge "précoce et correcte améliore considérablement la vie" du patient.

Il signale qu'un plan intégré de lutte contre les maladies non-transmissibles a été élaboré, avec deux grands volets de prévention (information, éducation et sensibilisation) et de prise en charge précoce et adéquate par la formation des personnels de santé.

Pour lui, la lutte contre l'hémophilie doit être "multisectorielle", à travers les pouvoirs publics, la société civile, les collectivités territoriales, le secteur privé, les médias et les patients, qui doivent être au cœur de toutes les actions à travers leurs associations.

La maladie affecte la vie des patients qui doivent "toujours faire attention" aux contacts brutaux, pour ne pas se blesser, indique le président de l'Association sénégalaise des hémophiles (ASH) Abdoulaye Loum.

Ce qui est encore plus compliqué chez les enfants, pour qui la surveillance doit être pérenne. "Un à deux tiers" des hémophiles détectés au Sénégal sont des enfants, a-t-il noté.

Une mortalité de 2 à 3% de patients hémophiles a été notée les années passées, liée surtout à la circoncision en zone rurale, selon le professeur Saliou Diop, directeur du CNTS.

Le président de l'ASH Abdoulaye annonce qu'après Thiès et Kaolack, l'association compte installer des cellules dans d'autres régions du pays pour vulgariser davantage l'information sur cette maladie.

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