Congo-Kinshasa: Bureau définitif de l'Assemblée nationale - Le FCC impose sa loi

6 postes pour la majorité, un (1) seul pour l'opposition

La configuration du bureau définitif de l'Assemblée nationale est la préfiguration de ce que devrait vraisemblablement être le prochain gouvernement. Le FCC, qui se dit largement majoritaire à l'Assemblée nationale, a décidé de ravir la grosse part du gâteau, laissant une portion congrue à l'opposition. Il a raflé les 6 postes du bureau définitif, le FCC s'est attribué 6 postes, dont le président et ses deux adjoints, le questeur ainsi que le rapporteur. L'opposition devait juste se contenter du poste de rapporteur adjoint. En colère, celle-ci a claqué la porte de la plénière, tout en menaçant de ne siéger dans aucune commission permanente ou spéciale de l'hémicycle. Il y a des étincelles en l'air.

Ça bouillonne à l'Assemblée nationale. Entre le FCC, reconnu largement majoritaire à la chambre basse du Parlement, et l'opposition, les violons sont loin de s'accorder. A la base, la répartition des postes au sein du bureau définitif de la chambre basse du parlement. Contrairement à la tradition parlementaire - du reste mise en œuvre depuis 2006 - qui veut que la majorité parlementaire s'octroie 5 postes contre 2 à, l'opposition, pour la législature 2018-2023, le FCC a décidé d'ignorer cette procédure en s'adjugeant 6 postes.

Dans l'opposition, on crie à l'imposture. Au FCC, on se dit cependant légaliste, s'appuyant sur un calcul proportionnel au regard, se défend-il, du poids politique de chaque composante dans l'Assemblée nationale. Avec ses 382 députés nationaux, suivant la dernière répartition faite sur base de 485 députés recensés jusque-là à l'Assemblée nationale, le FCC s'estime en droit de revendiquer 6 postes au bureau définitif, ne laissant à l'opposition qu'un seul poste.

Si on n'est pas déjà dans l'impasse, en tout cas, la plénière de mercredi n'est pas parvenue à départager les deux parties. N'ayant pas pu se faire entendre, l'opposition a claqué la porte de l'Hémicycle, laissant libre cours au FCC pour concrétiser son plan, c'est-à-dire prendre le contrôle entier du bureau définitif de l'Assemblée nationale.

A première vue, le FCC tient à sa logique. Et il n'est pas prêt à transiger, ont fait comprendre ses principaux ténors. C'est dire que le bureau définitif de l'Assemblée nationale sera quasiment à dominance FCC. La configuration est du reste connue. Ça sera dans la proportion de 6 contre 1.

Félix Tshisekedi est prévenu

L'opposition laissera-t-elle champ libre au FCC ? A première vue, c'est la tendance qui se dessine à l'Assemblée nationale. Pour l'instant le FCC ne donne aucun gage de concession. Il est campé sur sa position.

A la chambre basse du Parlement, on assiste apparemment au premier choc frontal de cette mandature. Le FCC est en train d'exhiber ses muscles, confiant sur sa large majorité à l'Assemblée nationale. A tout prendre, la famille politique de Joseph Kabila tient à imposer sa loi. Il en sera ainsi pendant toute la mandature.

D'aucuns estiment que ce qui passe à l'Assemblée nationale est d'une certaine manière la préfiguration de ce que sera la République démocratique du Congo jusqu'aux prochaines échéances électorales de 2023. Le FCC ne s'en cache pas. Il tient à jouir pleinement de sa défaite à l'élection présidentielle de décembre 2018.

C'est aussi un message qui est indirectement lancé vers le président de la République qui s'est vu dans l'obligation de coaliser avec le FCC dans le cadre d'une majorité parlementaire qu'il a reconnue sans ambages. Le message est clair : le FCC ne lui fera pas de cadeau.

Sur ce point précis, le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi est prévenu. Composer avec le FCC dans la « cogestion » ne sera donc pas une tâche facile pour Félix Tshisekedi. Les ambitions du FCC dans la conquête du bureau définitif de l'Assemblée nationale en sont une belle illustration.

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