Congo-Kinshasa: Qui-vive !

Otes-toi que m'y mette. Loin s'en faut, j'y demeure. Polémique des sourds ; mais point dépourvue de conséquences fâcheuses. Oui, telle est la réponse du berger à la bergère, entre l'Udps et ses alliés d'hier, qui n'ont pu obtenir la fin du système Kabila, en décembre 2018.

Le ticket Fatshivit n'aura gagné que le pari de l'alternance au sommet de l'Etat. Pas ailleurs. A contrario, les pionniers de Lamuka auront, eux, risqué le leur. L'ossature de l'actuel Parlement national et autres institutions de souveraineté dont les Assemblées provinciales, plante tout le décor de la continuité. La pollution de l'arène politique congolaise serait loin d'être résorbée, par l'accession de l'opposition d'hier au pouvoir. En tout état de cause, les caciques de la MP d'autrefois qui ont trouvé refuge au Parlement congolais résistent au "déboulonnage". Ils tiennent mordicus à resserrer l'étau. Il appert, par ailleurs, que leur poids politique se veut, dès lors, ce calice de vin amer sur la table du nouveau régime, voire, de l'actuelle opposition.

Comment le boire en l'état, face à la base et les multinationales qui jurent, à cor et à cri, par le changement selon leur entendement ? Le go est, malencontreusement, donné. Les Sociétaires du CACH qui ont fléchi face au mariage avec le FCC acquiescent désormais certains points de vue qu'ils ne pouvaient approuver jadis. Allusion est faite ici, entre autres, à l'élection du bureau définitif de l'Assemblée Nationale prévue pour le mardi 23 avril prochain, à laquelle les parlementaires du clan opposition ont décliné la moindre responsabilité. Cause ? Non conciliation des vues entre leur famille politique et celle qui possède la majorité d'élus, vis-à-vis du partage des postes. Incroyable mais vrai, le bémol n'a point été au rendez-vous entre ces protagonistes.

A l'épicentre : un seul siège ; oui un seul. D'ailleurs, celui du rapporteur adjoint parmi les sept que compose ce bureau. C'est la quote-part à laquelle l'opposition parlementaire a récusé de se tirer d'affaire, consciente de ses 113 Députés. Qu'à cela ne tienne, ils ont jusqu'à minuit de ce jeudi, pour confirmer cette position, lue hier, par Christophe Lutundula, d'Ensemble pour le Changement, dans une déclaration devant la Représentation nationale, peu avant de claquer la porte de l'hémicycle, en pleine plénière. Qu'en sera-t-il, cependant, de la formation du gouvernement, du reste, attendu depuis trois mois ? Nombreux sont, de près ou de loin, ceux qui entrevoient pareil spectacle au sein de la nouvelle coalition FCC-CACH.

Difficile de chasser le naturel. Le pouvoir divise. Il défait les alliances. Le nouveau Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, dont la mise en place du gouvernement se veut très attendue, devra conséquemment serrer sa ceinture pour gérer sa nouvelle famille politique, du reste, décriée par la jeunesse de l'Udps. En somme, la défensive et le qui-vive prennent de plus en plus place, dans l'actuel microcosme politique. Reste à savoir si, au-delà de ces accrochages potentiellement "politiciens", le souverain primaire aura gain de cause.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.