Madagascar: Violence psychologique et physique envers les enfants - Montée en flèche de l'inceste dans le Vatovavy Fitovinany

Une fréquence inquiétante des cas d'inceste durant le premier trimestre de cette année a été signalée par la Direction régionale de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la Femme (DRPPSPF) de la Région Vatovavy Fitovinany.

Une petite fille, 12 ans, que nous allons appeler « Soa » pour les besoins de l'article et pour protéger sa dignité, a par exemple été violée, des mois durant, par son propre père. Elle a subi en silence les actes de violence abominables et incestueux de son géniteur pendant les moments où sa mère était absente du foyer. Toutefois, au bout d'un moment, elle en a eu assez de garder tout ce fardeau pour elle. Elle s'est ainsi confiée à la sœur de sa mère, qui bien évidemment était terrassée par la nouvelle. Psychologiquement et physiquement dévastée et souillée, la petite fille a été emmenée à l'hôpital pour être soignée et « réparée ». Choquée, elle a ainsi cru bon d'alerter sa sœur, la mère de Soa.

Ce fait malheureux, montre par ailleurs, que pour lutter contre le viol, la prévention (comme a essayé de le dire très maladroitement le ministère de l'Education) est la meilleure des manières, car oui on peut réparer (peut-être) un corps brisé, mais l'estime de soi et la confiance en soi ainsi que le bien-être psychologique sont en revanche plus difficiles à reconquérir. Toutefois, la prévention adéquate dont nous parlons ici ne vise pas les potentielles victimes- sinon cela devient du sexisme-et oui !- mais sur les potentiels violeurs. Une sensibilisation et une éducation qui leur inculque dès le plus jeune âge à respecter la fille et la femme, ses droits et son corps, sa dignité physique et psychologique. Menée dès le plus jeune âge et de manière régulière, cela aboutira à une évolution des mentalités et un changement du comportement.

Non assistance. Malheureusement, la mère de Soa n'a pas assuré son rôle de mère, à savoir protéger son enfant de son père, dénoncer celui-ci pour qu'il paie pour ce crime et soit éloigné de la victime, qui n'est autre que sa propre fille. Au contraire, elle s'en est prise à sa propre fille et s'est donc « rangée » du côté de son mari ! La petite a alors souffert de cet acte abominable et a subi les violences psychologiques et physiques infligées par ses parents. Intrigué et choqué, l'entourage n'a pourtant pas, dans un premier temps, voulu ou su comment interférer dans les affaires familiales du foyer concerné.

Par ailleurs, l'autre « excuse » avancée était la crainte de laisser Soa seule, sans ses deux parents pour l'élever, car nous savons tous qu'autant les agissements de la mère que l'inceste commis par le père sont fermement répréhensibles et sévèrement condamnables aux yeux de la loi. D'ailleurs, pour le bien-être physique et psychologique (ou le peut qu'il en reste) de Soa, il vaudrait mieux qu'elle soit séparée de ces deux parents que de souffrir et mourir à petits feux de leur violence. Aux dernières nouvelles, la DRPPSPF aurait pris les choses en mains. Toujours de source au près de cette institution, la consommation de stupéfiants et d'alcool est fortement liée à cette montée de l'inceste dans le Vatovavy Fitovinany.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.