Congo-Kinshasa: Naufrage meurtrier d'une embarcation sur le lac Kivu - La rançon de la négligence et de l'irresponsabilité

C'est un grand drame humain que la République démocratique du Congo (RDC) a vécu le lundi 15 avril dernier. En effet, une embarcation motorisée, en chavirant dans le lac Kivu, a causé une centaine de morts, selon certaines sources, plongeant ainsi tout le pays dans le deuil non sans émouvoir la communauté internationale.

Le président Félix Tshisekedi qui a fait le déplacement sur les lieux du drame, ce jeudi 18 avril, a décrété une journée de deuil national tout en promettant l'ouverture d'une enquête pour situer les responsabilités. Gageons que cette promesse ne sera pas qu'un simple effet d'annonce. Espérons que ladite enquête ne sera pas engloutie par les eaux.

En attendant que le Lac Kivu livre ses secrets, on sait, à en croire des confrères congolais, que «c'est à l'escale du village Katoto que l'embarcation a été surchargée de ciment, fer à béton, haricots et d'autres produits lourds.

Plusieurs passagers clandestins y ont embarqué. Le surpoids et les mauvaises conditions de navigation ont fait chavirer ce bateau de fabrication locale.»

Cette embarcation qui assurait la liaison entre Goma et Kahele, avait déjà, à son bord, une centaine de petits commerçants à l'embarquement. C'est dire si le nombre de passagers embarqués, dépassait les capacités du navire.

Ce qui ne manque pas de rappeler le douloureux souvenir du 26 septembre 2002 avec le naufrage du Joola au large des côtes gambiennes, au Sénégal, qui avait fait 2000 morts ou encore plus récemment, celui de l'emblématique ferry MV « Nyerere », qui avait causé plus de 200 morts le 20 septembre 2018.

Il appartient à chaque citoyen de comprendre qu'il est le premier responsable de sa propre vie

L'on croyait que le drame du Joola servirait de leçon aux pays africains qui n'arrivent toujours pas faire preuve de rigueur, de fermeté et d'anticipation dans la gestion du transport maritime domestique. 17 ans après, voilà qu'une autre catastrophe vient nous rappeler combien le laxisme peut coûter cher à des vies humaines.

Et pourtant, il existe bien des règles en matière de transport et de navigation maritimes et la RDC le sait bien.

Comment peut-on alors fermer les yeux sur des pratiques de surcharge des embarcations tout en sachant que c'est la vie d'innocentes personnes qui était ainsi mise en danger ? Appelons le chat par son nom : ce qui est arrivé aux Congolais, est la rançon de la négligence et de l'irresponsabilité.

D'autant qu'il ressort que le navire surchargé, a quitté l'embarcadère au nez et à la barbe des services maritimes.

C'est le lieu d'interpeller les autorités africaines de façon générale sur les dangers de la circulation, qui causent, chaque année, des drames dont la plupart sont dus à la négligence humaine, au peu de cas qu'on fait de la vie d'autrui.

Malheureusement, cela se passe très souvent sous le regard complaisant voire complice des agents chargés de veiller à la sécurité des passagers.

En effet, pour prendre seulement les cas des transports routier et maritine, combien sont-elles ces guimbardes sans visite technique à jour, véritables cercueils ambulants souvent surchargées de marchandises, de passagers, d'animaux ou de tout cela à la fois, à arpenter nos routes africaines, à naviguer sur nos fleuves et lacs sous les regards parfois complices des forces de sécurité et autres contrôleurs ?

L'on ne peut que dénoncer la complaisance des chaînes de vérification et de contrôle qui ne lèvent pratiquement jamais le petit doigt, jusqu'à ce qu'une catastrophe se produise. Seul, l'appât du gain ne saurait justifier le comportement de transporteurs cupides à l'appétit vorace.

Au-delà, il faut mettre au pilori la gouvernance administrative et politique des autorités en charge des transports. Cela dit, il appartient aussi à chaque citoyen de comprendre qu'il est le premier responsable de sa propre vie.

Car, quand on voit comment certaines personnes luttent, quelques fois avec l'énergie du désespoir, pour embarquer à bord de vieux rafiots parfois déjà pleins à craquer, l'on se demande s'ils se soucient vraiment de leur vie ou même s'ils sont conscients des risques qu'ils prennent.

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