Congo-Brazzaville: Environnement - Conférence sur l'impact du changement climatique sur les crises sanitaires

Existe-t-il un lien entre les crises sanitaires et le changement climatique ? C'est en tout cas ce dont sont persuadées certaines associations comme la Croix-Rouge qui font un lien entre ces deux problématiques.

Le dérèglement climatique aggrave les inégalités sanitaires à travers le monde et les projections dans ce domaine n'ont rien de rassurant. C'est à cette conclusion que sont arrivés la Fédération internationale du mouvement Croix-Rouge et Croissant-Rouge, qui ont organisé une conférence mondiale à Cannes, dans le sud de la France, du 15 au 16 avril, à l'occasion de son centenaire.

En tant qu'acteurs humanitaires, ces organismes qui sont au contact de la population affectée par le changement climatique ont pu observer de façon précise ses conséquences sur la santé. Depuis plus de vingt ans, en prenant part aux grandes conférences sur le climat, notamment les COP, ces organismes ont remarqué que ces questions étaient très peu abordées. Lors des grandes conférences, on y parle d'atténuation, c'est-à-dire comment réduire l'impact de l'homme sur le changement climatique, mais peu d'adaptation et encore moins des questions de santé.

Or, c'est bien un enjeu majeur de santé publique. Ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont aujourd'hui les plus exposées au changement climatique. La question de la justice sociale et la lutte contre la pauvreté doivent être réintroduites dans les débats sur le changement climatique. Les prochaines COP doivent intégrer la question humanitaire dans leur agenda.

Pour Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge française, l'association qu'il dirige a pris conscience de ce lien il y a plus d'une quinzaine d'années, notamment en France, avec la canicule qui a sévi en 2003. Depuis, affirme-t-il, on est confronté à des événements climatiques et à des catastrophes naturelles qui se multiplient, de plus en plus violents, ainsi qu'à des phénomènes épidémiques d'une ampleur qu'on ne connaissait pas auparavant.

Pour la Croix-Rouge, l'objectif de cette conférence était de dire : « N'attendons pas de parvenir à maîtriser les phénomènes climatiques pour nous adapter ». Il est possible de réduire les risques. En amont, il faut favoriser la recherche et renforcer notre connaissance des phénomènes. Ensuite, il s'agit de mobiliser l'ensemble de la communauté humanitaire à l'international pour coopérer sur de nouvelles façons d'agir. L'anticipation, la prévention et la mobilisation de la population doivent permettre de renforcer sa résilience. D'autant que souvent, on observe des réactions en chaîne : dégradation du climat, insécurité alimentaire, insécurité globale, migrations, pauvreté. Il faut appréhender ces phénomènes de façon globale.

Par exemple au Niger, dans la région de Zinder, la Croix-Rouge travaille sur les modélisations de phénomènes liés à la sécheresse et à l'insécurité alimentaire. Des prévisions météorologiques plus fiables et des financements débloqués en amont permettent de mobiliser avant que la catastrophe survienne. Cette association a également un programme d'éducation communautaire pour apprendre aux mères à détecter de façon précoce les problèmes de malnutrition sur les enfants.

Autre exemple : la Croix-Rouge a mis en place des plates-formes autour des territoires ultramarins où sont prépositionnés des moyens, des stocks, des professionnels et des bénévoles mobilisables en urgence. C'est comme ça que la Croix-Rouge a réussi à répondre, en septembre 2017, aux conséquences du cyclone Irma aux Antilles ou, il y a un mois, au Mozambique après le cyclone Idaï. Elle déploie aussi, à partir de ses bases, des programmes d'éducation pour sensibiliser la population aux gestes permettant de limiter la prolifération des moustiques et de se protéger, afin de lutter contre les épidémies et les maladies vectorielles.

Pour Jean-Christophe Combe, Si on ne se prépare pas, on va vers une augmentation importante du nombre de morts dans les années qui viennent. L'Organisation mondiale de la santé, dans son rapport préparatoire de la COP24, estime que si on ne fait rien, les efforts des cinquante dernières années pour réduire les taux de mortalité risquent d'être annihilés d'ici à 2030 par les effets du changement climatique.

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