19 Avril 2019

Afrique: Avancées démocratiques en Afrique - A quand le tour de l'Afrique centrale ?

En l'espace d'une semaine, les Africains ont envoyé dans les poubelles de l'histoire deux véritables dinosaures qui avaient fini par pousser des racines sur leur fauteuil présidentiel, même si la transition ouverte par leur départ s'annonce chaotique ici et là.

Au rébus donc Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril dernier pour avoir voulu briguer un 5e mandat alors qu'il n'avait pas pu dignement gérer le 4e pour cause de maladie, et Omar el-Béchir, destitué par l'armée le 11 avril 2019 après quelque quatre mois de manifestations continues.

Ici et là donc, c'est la rue qui a eu raison d'un régime vermoulu, permettant à la démocratie de gagner encore plus de terrain en Afrique.

De gré ou de force en effet, d'est en ouest et du nord au sud, le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », est en train de devenir la règle. Aux pays de vieille tradition démocratique sont ainsi venus s'ajouter ceux qui se sont défaits des chaînes de leur président fondateur.

La palme de la démocratie semble en tout cas revenir à l'Afrique de l'Ouest, où du Sénégal au Nigeria, en passant par le Ghana, le Niger, le Bénin, le Mali, la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau et la Gambie, les régimes autocratiques sont désormais un lointain souvenir.

Idem pour l'Afrique australe, où de l'Afrique du Sud au Botswana, en passant par la Zambie, la Namibie et le Mozambique, la démocratie s'enracine au fil des ans.

Il n'est pas jusqu'au Zimbabwe, où le vieux Bob a fini par prendre une retraite qui était loin d'être anticipée, et l'Angola, où Dos Santos s'est résolu à partir il y a quelques années, qui ne soient sur la voie de la libération, quand bien même il y aurait du chemin à faire.

On aurait tant aimé dire la même chose de l'Afrique du Nord, mais hélas. Si on excepte la Tunisie, le printemps arabe de 2011, qui a chassé Ben Ali, Moubarak et tué Kadhafi, a très vite viré à l'automne en Egypte et surtout en Libye, devenue un vrai foutoir depuis la mort du « Guide ».

Et on n'est hélas pas près d'en sortir avec l'offensive lancée par le général Haftar sur Tripoli ces derniers jours et qui aurait déjà fait des centaines de morts.

Plus problématique est la situation dans la corne de l'Afrique, où le Kenya mis à part, l'Erythrée, l'Ethiopie et Djibouti semblent toujours réfractaires à l'idée démocratique.

Mais la vraie tache noire, c'est en plein cœur du continent où dans beaucoup de cas, la démocratie n'est que de façade et les élections régulièrement organisées pour maintenir le grand timonier au gouvernail.

Sous prétexte de stabilité, c'est en réalité le règne de l'immobilisme, où c'est à qui battra le record de longévité présidentielle. Jugez-en vous-même :

- Obiang Nguema en Guinée équatoriale : 76 ans dont 40 au pouvoir ;

- Paul Biya au Cameroun : 86 ans dont 37 de pouvoir ;

- Sassou Nguesso au Congo : 75 ans dont 34 cumulés au pouvoir ;

- Idriss Déby Itno au Tchad : 66 ans dont 29 seulement au pouvoir.

Devant ces monuments du régime à vie, Pierre Nkurunziza du Burundi et Paul Kagame au Rwanda font pratiquement office de novices, avec respectivement 14 et 19 ans aux affaires, même s'ils ne semblent pas prêts à en partir.

Et que dire du Gabon où Ali Bongo Ondimba, même s'il n'a pas encore duré sur le trône, a hérité du sceptre de papa, décédé le 8 juin 2009, dans la pure tradition dynastique ? Quand cette plaie béante au cœur de l'Afrique va-t-elle se refermer ?

Une chose est sûre : si ce n'est pas la solution biologique, ce sont les populations qui finiront tôt ou tard par se libérer de leurs autocrates, car aucune citadelle, si fortifiée soit-elle, ne sera jamais suffisamment forte pour supporter l'impétuosité d'un peuple en colère.

D'autant plus que les régimes interminables s'accompagnent invariablement d'une prédation économique et de l'accaparement des richesses nationales par un clan présidentiel. Ce qui fait le lit des insurrections.

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