Burkina Faso: Insécurité - Les hommes de Chériff font le point

Comme on pouvait s'y attendre, l'insécurité au Burkina Faso sera au centre du premier Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM) de la Défense. Ouvert hier jeudi 18 avril 2019, le chef d'état-major général des armées, Moïse Miningou fera le deuxième jour un exposé sur la situation sécuritaire aux participants.

Ce premier Conseil d'administration du secteur ministériel de la Défense nationale et des Anciens combattants fera une part belle à la situation sécuritaire du Burkina Faso.

Mais d'emblée le ministre de tutelle, Chériff Sy a signifié qu'avec les différentes actions militaires menées à plusieurs endroits du territoire et plus particulièrement celle lancée dans la région de l'Est dénommée « Otapuanou », dont les résultats ont été portés à la connaissance du public, les lignes sont en train de bouger sur le terrain.

« Après avoir séjourné avec les soldats quelques jours sur le théâtre des opérations, j'ai pu me rendre compte de leur bravoure et surtout de leur détermination à gagner vaille que vaille cette guerre », a témoigné Chériff Sy.

Face aux défis sécuritaires, le ministre a souhaité que la mobilisation et la détermination des populations et des Forces de défense et de sécurité (FDS) soient à la hauteur, car les terroristes ne sont pas des enfants du chœur.

« Ils s'organisent, se réorganisent et s'adaptent au contexte et au terrain. C'est ainsi qu'ils utilisent tantôt des moyens rudimentaires, tantôt des moyens sophistiqués pour assouvir leurs basses besognes », a-t-il indiqué.

C'est pourquoi, a justifié le premier responsable du département de la Défense, les FDS doivent rester forts et résilients, à la fois dans leurs capacités d'anticipation, de dissuasion, de prévention et de réaction afin, a-t-il ajouté, de donner les moyens à l'Etat d'assumer pleinement ses prérogatives régaliennes, au premier rang desquelles figurent la paix, la sécurité et la stabilité.

Ce fut l'occasion pour le ministre de saluer l'adoption en décembre 2017 du Plan stratégique 2018-2022 pour la réforme des forces armées nationales (PSR 2018-2022), car ce plan, a-t-il indiqué, offre la possibilité à son ministère d'effectuer la réforme des FAN, en vue de construire une armée opérationnelle, professionnelle et républicaine.

Mais au-delà des questions sécuritaires, il s'agira, a affirmé l'ancien président du Conseil national de Transition (CNT) de permettre à l'armée à travers la mise en œuvre de ce plan, de construire ses fondamentaux et de retrouver son lustre d'antan.

« De façon concrète, ce plan va permettre progressivement à notre département au cours des quatre prochaines années qui restent de renforcer l'éthique et la déontologie militaire, la gouvernance militaire et enfin la responsabilité ».

Après une année de mise en œuvre du PSR 2018-2022, les échanges de la rencontre vont permettre de lever les contraintes constatées afin d'obtenir, entre autres, une plus grande implication des acteurs, d'assurer une meilleure exploitation et de rechercher des solutions au financement de tous les programmes.

Le point 3 du CASEM est consacré au bilan d'exécution du budget 2018 et à la présentation de celui de l'année en cours. Pour le ministre, l'exposé de cette thématique permettra aux conseillers de s'informer et d'apprécier les performances du département.

La dernière thématique sera basée sur la présentation des résultats de l'étude sur le domaine militaire. La nouvelle réorganisation agraire et foncière en 2012, a signifié Chériff Sy, a entraîné de profondes mutations dans la gestion du foncier au Burkina Faso.

« L'une des réformes marquantes prévues à l'article 355, oblige l'administration à recenser et à immatriculer son patrimoine foncier. Vous en conviendrez avec moi que l'absence d'immatriculation foncière d'un terrain dans un tel contexte est source d'insécurité et de conflits potentiels », a-t-il affirmé.

Ainsi, les accaparements de terre sont légion causant des conflits. Malheureusement, a déploré le ministre de la Défense, les FAN qui possèdent un important domaine de 217 terrains couvrant une superficie de 1013 ha environ disséminés sur tout le territoire national n'échappent pas à cette réalité.

« En effet, l'analyse du patrimoine foncier militaire, relève sans ambiguïté que 60% des terrains ne possèdent pas d'arrêté d'affectation et pourraient ainsi faire l'objet de contestation par les populations. Parmi ceux-ci, 58% sont situés en zone non lotie ».

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