Madagascar: Législatives - Pré-campagne dans l'anarchie totale

La CENI sanctionne ses agents qui font fi du principe de neutralité dans l'exercice de leurs fonctions. Certains candidats usent des moyens de puissance publique pour influencer les électeurs à voter pour eux

La campagne électorale proprement dite, dans le cadre de l'élection législative du 27 mai, débutera dans trois semaines, plus précisément le 6 mai à 6 h du matin. Normalement, la période précédant cette campagne électorale peut être destinée à la pré-campagne pour les candidats. Ce qui n'est pas, malheureusement, le cas depuis plusieurs semaines. Des candidats se livrent à une campagne avant l'heure sans être inquiétés par les organes étatiques compétents impliqués dans le processus. Certains candidats distribuent des dons aux électeurs, d'autres usent des moyens de puissance publique à travers des inaugurations et des descentes de membres de l'Exécutif pour influencer les électeurs à voter pour eux.

Or, pendant la pré-campagne, les actions des candidats doivent se limiter à la déclaration de leur candidature, à la sensibilisation sur leur programme et à la mise en place de leurs comités de soutien. Du côté de la Commission Electorale Nationale Indépendante, des mesures ont été prises pour sanctionner les infractions commises dans les limites de son champ de compétence. En effet, dans le district de Belo sur Tsiribihiny, la CENI a immédiatement remplacé son représentant qui menait une campagne électorale avant l'heure avec un candidat.

Silence de la loi. Dans d'autres districts, des responsables se permettent de remplacer des chefs de « fokontany » et d'affecter des chefs d'arrondissement, sans raison administrative ou professionnelle valable. Ces actes compromettent la neutralité de l'administration et l'impartialité des services publics dans le processus électoral. Visiblement, le silence de la loi sur la pré-campagne favorise l'anarchie actuelle. Au lendemain de l'élection présidentielle de 2018, la CENI a déjà émis des propositions sur la nécessité de règlementer la pré-campagne, mais ces propositions n'ont pas été prises en compte. Des propositions ont été également élaborées sur la nécessité de plafonnement de fonds de campagne, mais elles ont connu le même sort.

Actuellement, des candidats aux Législatives du 27 mai font ce qu'ils veulent sans être disqualifiés de la course. Des soi-disant « candidats d'Etat » dictent leur loi aux représentants de l'Etat au niveau des circonscriptions administratives. Pour bon nombre d'observateurs, cette situation ne permettra pas d'organiser une élection crédible, transparente et acceptée par tous. A l'allure où vont les choses, la HCC, la seule juridiction compétente pour juger les contentieux liés aux prochaines Législatives, sera débordée de requêtes.

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