Madagascar: « Tagnamaro » - Trois questions à Nampoina Ranarivelo

interview

Directeur des relations publiques auprès du Ministère de la Culture et de la Communication (MCC) et concepteur du projet « Tagnamaro », il a bien voulu répondre à nos questions.

« Tagnamaro », la perception du public n'est pas forcément la même. Quel est surtout le sens du terme et dans quel cadre l'action entre dans la politique du MCC ?

En effet la perception du public n'est pas tout à fait la même mais voilà toute la richesse qu'apporte cette initiative, chacun fait de son mieux sans se préoccuper du vrai sens. Il n'appartient pas au Ministère de définir un sens définitif à ce terme, ce terme pourra être amené à évoluer durant sa durée de vie car le Ministère espère que cette initiative durera comme c'est le cas au Rwanda. Le Ministère de la Communication et de la Culture donne l'impulsion, les citoyens reçoivent et se l'approprient. Il y a quand même certaines idées qui unifient les actions : l'entraide, le rassemblement, se donner la main, le travail pour le pays. Comme son nom l'indique, « Tagnamaro », beaucoup de mains pour faire quelques choses de bien pour ce pays. L'avantage qu'a ce Ministère est qu'il concentre la culture et la communication. C'est dans le cadre de cette fusion de la culture et de la communication que cette initiative prend sa place. Car c'est une culture que nous essayons de vivifier : la culture de la responsabilité envers le bien commun, la culture de la responsabilité citoyenne, la culture de l'entraide chère à nos ancêtres, tout ceci à travers la communication.

Quelle stratégie à adopter pour sa continuité ?

Pour sa continuité, nous misons justement sur l'appropriation du concept par le citoyen. Aucun projet, aucune initiative ne pourra fonctionner sans une conscience pleine du citoyen de son importance. Cela passe par l'action, cela passe par la communication et l'éducation, cela passe par la responsabilisation. La prise de conscience de l'importance de l'entretien et de la réhabilitation collectifs de nos biens communs . Nous essayons ainsi de briser le cercle vicieux actuel de destruction, de vieillissement des infrastructures pour laisser place à un cercle vertueux de responsabilité,d' entretien et de soin.

Dans un pays où le civisme laisse à désirer et la population bat pour sa survie, comment devrait-t-on sensibiliser la masse à y adhérer? »

Le premier moyen pour sensibiliser est de donner l'exemple c'est ce que nous essayons de faire et de montrer. Ensuite, une vraie campagne d'éducation civique proprement dite doit accompagner cette initiative. Le Ministère est en train d'élaborer ce plan de campagne. J'annonce aussi que la seconde édition de « Tagnamaro » se tiendra le 27 avril prochain.

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