19 Avril 2019

Ile Maurice: Membres du PTr arrêtés - Le gouvernement pratique «la répression», dit l'opposition

Peur et répression. C'est ce que veut faire installer le gouvernement, selon les différents partis de l'opposition, suivant l'arrestation de Patrick Assirvaden, Cader Sayed-Hossen et de neuf habitants de St-Paul, le mardi 16 avril. Les deux membres du Parti travailliste (PTr) ont dû s'acquitter d'une caution de Rs 7 500 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 50 000 en cour de Curepipe, hier, jeudi 18 avril.

Selon Arvin Boolell, membre du PTr, «c'est un membre influent du MSM qui a donné des instructions afin que la police procède à ces arrestations». D'ajouter qu'«un gouvernement agit de manière arbitraire lorsqu'il est en chute libre. Les policiers, eux, n'ont d'autre choix que d'obéir aux instructions qu'ils reçoivent. Arvin Boolell affirme que la manifestation de St-Paul n'était pas orchestrée par les rouges. «C'était une manifestation spontanée. On a vu cela à plusieurs endroits. Notamment à Cottage, Fond-du-Sac, Chamouny, entre autres.»

Le secrétaire général du Mouvement militant mauricien, Rajesh Bhagwan, déplore l'«ingérence politique» dans cette affaire. D'autant plus que «les députés du gouvernement ne peuvent descendre sur le terrain, contrairement aux politiciens de l'opposition. Moi-même, j'ai été à Camp-Tagore à L'Escalier, pour ensuite rapporter les problèmes des habitants à Sandhya Boygah. Léta inn tro kouyonn dimounn. Et les gens ont ras-le-bol de l'arrogance du pouvoir.»

Dans la foulée, le député mauve fait aussi ressortir que «Patrick Assirvaden est un ancien député du n°15. Il est en train de labourer le terrain en vue des prochaines élections. Zot tou fer sa. Ce qu'il faut voir, c'est le problème. Et nous (NdlR, les politiciens de l'opposition) sommes sur le terrain, et non dans des bureaux.»

Tout en condamnant l'interpellation des deux membres rouges, Xavier-Luc Duval affirme, lui, que ces arrestations sont «un signe de panique» de la part du gouvernement. «Au lieu de comprendre quels sont les vrais problèmes qui affectent les Mauriciens dans la vie de tous les jours, le gouvernement a recours à la répression et à la peur. Cela ne va pas marcher», déplore le leader de l'opposition.

Ashok Subron, de Rezistans ek Alternativ, abonde dans le même sens. Il estime que cette répression découle d'une «loi bancale, la Public Gathering Act», qu'avait introduite le PTr et maintenue par les autres partis politiques. «Cette loi a donné des pouvoirs excessifs au commissaire de police. Elle doit être modifiée», dit-il. «Quant à la colère qui gronde dans tous les quartiers, comme on l'a vu récemment, ce sont des ingrédients pour une révolte sociale.»

Les députés du gouvernement de la circonscription no 15 sont restés injoignables.

Les habitants de la route Nehru observent mais ne fléchissent pas

Ils ont à plusieurs reprises observé le travail effectué par les hommes de la Wastewater Management Authority (WMA), hier. Les habitants de la route Nehru ont accompli de menus travaux sur ladite route. Ils ont été rejoints par des employés de l'entreprise Sotravic, venus mesurer la longueur du chemin où les nouveaux tuyaux d'eaux usées devraient être posés incessamment.

Du haut de son escalier, l'épouse de l'une des personnes arrêtées dans la nuit de mardi ne peut que hausser les épaules. Cette dernière, qui vient de devenir mère, ne peut plus supporter cette situation. «Depuis trois ans, nous subissons ce problème. À chaque fois qu'il pleut, c'est la même histoire. L'eau usée déborde de la bouche d'égout et se propage dans la rue.» Elle a dû trouver refuge chez sa mère. «On ne doit pas quitter sa maison avant le douzième jour avec le bébé mais j'y ai été obligée.»

Elle n'est pas la seule à se plaindre de la situation qui perdure dans cette rue. Amrish Motee énumère les problèmes. «À chaque fois, nous devons appeler la WMA. Elle vient déboucher l'égout. Mais l'odeur nauséabonde reste pendant plusieurs jours.» Nous l'avons constaté, plus de 48 heures après la manifestation de plusieurs habitants, que l'air était presque irrespirable.

Pour sa part, Darshinee Mahadeo ne comprend pas pourquoi la police a fait une entrée à son nom et celui de son père. «Nous avons fait part de nos griefs à la radio. Après, la police a arrêté mon père. Mon nom figure aussi sur la liste des forces de l'ordre.» Elle affirme qu'elle n'a pas haussé le ton.

Les habitants de la route Nehru espèrent que les mesures seront prises promptement.

Le travail achevé dans deux à trois mois, dit le maire

Le maire de Vacoas-Phoenix, Farhad Dowlut, donne la garantie que le travail sera fait dans deux voire trois mois. Il avance que des travaux pour la mise en place de drains avaient déjà débutés en janvier. «Mais l'entrepreneur a eu des difficultés car le tuyau de la WMA fuit.» Face à ce problème, la mairie a décidé d'agir comme facilitateur des travaux pour remplacer ce tuyau qui date de nombreuses années. «La population a augmenté, mais le tuyau n'a jamais été changé.»

Le maire soutient que ce tuyau dessert aussi la région de Mangalkhan et va jusqu'à Phoenix. «Nous savons qu'il faut tout changer et nous voulions attendre que la période des pluies se termine avant que les travaux ne démarrent. Mais la donne a changé.» Il demande aux habitants de prendre patience.

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