Afrique du Nord: Paris se dit "surpris' des déclarations du ministre libyen de l'Intérieur

Paris — Paris s'est dit "surpris" des déclarations du ministre libyen de l'Intérieur qui a accusé jeudi la France de soutenir le maréchal Khalifa Haftar dont les forces ont lancé un assaut contre la capitale Tripoli.

"Nous sommes surpris par ces déclarations dont nous ne savons pas si elles engagent l'ensemble du gouvernement d'entente nationale" (GNA), a indiqué la porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Agnès Von Der Muhll lors d'un point de presse.

Dans un communiqué publié par son service de presse, le ministre de l'Intérieur, Fathi Bach Agha, a ordonné "la suspension de tout lien entre (son) ministère et la partie française dans le cadre des accords sécuritaires bilatéraux (...) à cause de la position du gouvernement français soutenant le criminel Haftar qui agit contre la légitimité".

Considérée par des diplomates et des analystes comme l'un des appuis du maréchal Haftar, la France avait démenti avoir soutenu son offensive contre Tripoli, siège du GNA.

"Elle appelle à nouveau à un cessez-le-feu rapide et à une reprise sans délai du dialogue, en vue de relancer un processus politique crédible, conduit sous l'autorité des Nations unies", a-t-elle ajouté, précisant qu'avec ses partenaires, notamment européens, "la France œuvre sans relâche à favoriser une solution politique, conformément aux engagements pris par les parties libyennes à Paris, Palerme et Abou Dhabi".

Le porte-parole a indiqué que la France soutient l'initiative britannique au Conseil de sécurité des Nations unies en vue de l'adoption d'une résolution appelant à un cessez-le-feu.

Des analystes et des pro-GNA accusent Paris de bloquer des résolutions condamnant l'offensive au Conseil de sécurité de l'ONU ou à l'Union européenne.

La France est accusée également de relayer la rhétorique de l'Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée) de Haftar, qui justifie son offensive par le fait qu'elle cherche à combattre les "terroristes" à Tripoli, selon une source gouvernementale dans la capitale libyenne qui a requis l'anonymat.

Quelques dizaines de manifestants, dont plusieurs portants des gilets jaunes, ont dénoncé mardi dernier à Tripoli ce qu'ils ont qualifié de "soutien" de la France au maréchal Haftar.

"La France doit cesser de soutenir le rebelle Haftar en Libye", "La France fournit des armes aux rebelles pour le pétrole", ont-ils écrit en français sur des pancartes.

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