20 Avril 2019

Ile Maurice: Tentative de meurtre - «J'ai perdu ma jambe et il obtient une caution !»

C'est un sentiment d'injustice que ressentent les frères Gungahresoon. À la suite de la libération sous caution de Ravez Lallbeeharry, au cours de la semaine. Celui-ci fait l'objet d'une accusation provisoire de tentative de meurtre.

Consternation... révolte... Ce sont les sentiments qui animent les frères Gungahresoon après avoir appris par l'express, que Ravez Lallbeeharry s'est acquitté d'une caution de Rs 100 000 devant la Bail and Remand Court pour sa libération dans le courant de la semaine. Il lui est reproché d'avoir foncé sur Chundan et Akshay Gungahresoon, au volant de sa Volkswagen, le 4 décembre 2018, à Goodlands. Chundan Gungahresoon a eu la jambe amputée après cet incident. Son frère Akshay a lui, quatre mois après, le pied et la jambe droite toujours dans le plâtre.

Ravez Lallbeeharry, qui est représenté par Me Ashley Maunick, fait l'objet d'une accusation provisoire de tentative de meurtre. «Non, cette décision de la cour est injuste... J'ai perdu ma jambe et il obtient une caution!», s'insurge Chundan Gungahresoon, âgé de 38 ans, qui avait été admis aux soins intensifs pendant cinq jours. Il n'oubliera pas de sitôt ce jour-là. «Il était 20 h 15. Je discutais avec des habitants de la région et je m'appuyais contre le mur quand il a foncé sur moi au volant de sa voiture.»

Pour lui, c'est inadmissible que son agresseur ait retrouvé la liberté bien que la cour lui ait ordonné de ne plus habiter la même localité que les frères Gungahresoon. Ravez Lallbeeharry ne doit en aucun cas tenter de communiquer avec les victimes. «Il est libre mais je crains toujours pour ma sécurité. Je n'oublierai jamais cette souffrance qu'il m'a infligée», soutient l'habitant de Bois-Rouge, Goodlands à l'express.

Une affaire de cœur serait derrière cette agression. Le fils du suspect s'était épris de la nièce de Chundan Gungahresoon. «On ne pouvait pas accepter cette relation vu qu'elle est mineure.»

La vie de Chundan Gungahresoon a basculé, ce 4 décembre 2018. Désormais, il ne dépend que d'une pension d'invalidité de Rs 6 210. Suivant son amputation, il a été forcé de quitter son emploi dans une société privée. «L'allocation n'est pas suffisante car j'ai une fillette de cinq ans sous ma responsabilité, dit-il, elle ne voulait d'ailleurs pas m'approcher après mon opération.»

La parade d'identification a été aussi une étape difficile. «J'ai dû affronter mon agresseur et ce n'était pas évident. Aujourd'hui, le magistrat aurait dû prendre en considération que des personnes auraient pu perdre la vie lors de cet incident. Il ne mérite pas d'obtenir cette caution-là», déplore Chundan Gungahresoon.

Quant à Akshay Gungahresoon, âgé de 25 ans, cela a été un choc pour lui en apprenant la libération de Ravez Lallbeeharry. Visage crispé, il est resté assis, figé, dans le salon sans rien dire tout au long de l'entretien. Selon le diagnostic des médecins, il devrait retrouver l'usage complet de sa jambe dans huit mois, soit un an après l'incident. Le jeune homme n'a pas encore donné sa version des faits à la police. «Mon frère ne peut travailler dans un état pareil», soutient Chundan Gungahressoon.

Quant à Ravez Lallbeeharry, il avait expliqué aux enquêteurs que les frères Gungahresoon avaient fait de sa vie un enfer. Selon lui, l'une des victimes aurait lancé une pierre sur son pare-brise. «Mon épouse et moi avons subi des actes de méchanceté. Ils ont jeté de la bière sur elle. C'est à ce moment que j'ai perdu le contrôle», avait-il expliqué à la police.

Cet incident avait provoqué une tension dans la localité où environ 200 personnes s'étaient massées dans la rue. Elles avaient mis le feu à la maison du suspect. La police de Goodlands avait été dépêchée sur les lieux pour calmer les exprits.

Ile Maurice

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