Congo-Kinshasa: La riposte à Ebola cible de menaces aux accents politiques?

Un gardien déjà guéri du virus Ebola transporte un bébé de quatre jours soupçonné d'être atteint du virus Ebola dans un centre de traitement Ebola soutenu par MSF à Butembo. (archive)

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné fermement l'attaque menée dans la nuit de vendredi à samedi dans l'est de la RDC, dans un centre hospitalier où se tenait une réunion de coordination sur le virus Ebola. Après d'autres attaques récentes contre des centres de soins à Katwa et Butembo, c'est la riposte contre Ebola qui est visée.

L'attaque a eu lieu à l'hôpital de Katwa, près de Butembo, au Nord-Kivu, dans la nuit de vendredi. Les hommes armés se sont d'abord fait passer pour des malades avant d'attaquer. Le docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, un épidémiologiste camerounais de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est décédé. Deux autres personnes ont été blessées également. Une attaque attribuée par les autorités aux miliciens Maï-Maï.

Ce n'est pas la première attaque de ce type dans la région. Le 14 mars déjà, Médecins sans frontières dénonçait quatre attaques en moins de deux semaines. L'ONG suspendait alors ses activités dans les centres de traitement de Katwa et de Butembo.

Après cette nouvelle attaque, Michel Yao, coordinateur de l'OMS pour la riposte dans le Nord-Kivu et l'Ituri n'est pas surpris. « Nous recevons pratiquement tous les jours des tracts de menaces contre les équipes Ebola, donc on soupçonne qu'il y ait des gens peut-être derrière qui organisent ces groupes armés pour, en quelque sorte, s'attaquer à la réponse Ebola », explique-t-il.

Avec des arguments aussi flous qu'incompréhensibles pour Michel Yao : des étrangers de la communauté internationale qui seraient par exemple venus introduire la maladie.

Au téléphone également, un responsable de la société civile confirme la présence de tracts de menaces, jusque dans les rues de Butembo.

Mais s'il se dit incapable d'en identifier les auteurs, Patrick Tsiko, maire adjoint de Butembo, lui, pointe du doigt les miliciens Maï-Mai qui évoqueraient des motivations politiques avec le report des élections de décembre dernier provoqué par Ebola. « Ils viennent réitérer le message qui aurait été donné par certains candidats à la députation, à savoir que pour eux Ebola n'existe pas et que, pour qu'ils continuent à faire leur sale besogne, il faut que tous ces gens-là de la communauté internationale partent », estime-t-il.

Y a-t-il donc une instrumentalisation politique de la menace Ebola et des groupes armés ? Difficile à dire, mais le maire adjoint de Butembo l'affirme en tout cas. Des dispositions ont été prises pour sécuriser notamment le centre hospitalier et les services de renseignement sont à pied d'œuvre, dit-il, afin « que pareil cas ne se reproduise pas ».

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