Congo-Kinshasa: Ebola en RDC - Journée «ville morte» à Butembo

Un gardien déjà guéri du virus Ebola transporte un bébé de quatre jours soupçonné d'être atteint du virus Ebola dans un centre de traitement Ebola soutenu par MSF à Butembo. (archive)

En République démocratique du Congo (RDC), la journée « ville morte » a été plutôt bien suivie, ce lundi 22 avril, à Butembo, dans l'est du pays. Le mot d'ordre avait été lancé par la société civile en soutien aux équipes riposte de l'épidémie d'Ebola. La semaine dernière, deux nouveaux centres ont été attaqués par des hommes armés, un médecin camerounais de l'OMS a été tué, dans un contexte de défiance de la population envers les équipes médicales alors que, depuis août dernier, près de 900 personnes sont mortes de cette maladie.

La journée « ville morte » a été suivie à 70 %. Les grandes entreprises n'ont pas ouvert leurs portes, les grands commerçants non plus et les grands centres d'intérêt communautaire n'ont pas non plus travaillé. Joint par RFI, Ely Karuvusa, vice-président de la société civile de Butembo précise également que lors de cette journée ville morte, on pouvait néanmoins observer des femmes en train de vendre des produits de première nécessité.

Ely Karuyusa ajoute que, suite à un sondage, la plupart de la population n'est pas encore réellement convaincue de l'existence de la maladie du virus Ebola. Il nous explique pourquoi la société civile a tenu à lancer cette action et tenir un autre langage.

« Nous avons voulu interpeller la conscience de tout le monde. Nous estimons que l'on ne doit pas jouer avec la vie de la population lorsqu'on s'attaque aux personnes, aux héros qui se donnent pour travailler d'arrache-pied et se sacrifier en vue de sauver des vies humaines. C'était une façon d'apporter notre solidarité et de montrer que la société civile est toujours du côté de la raison et la raison est que nous tous, nous devons combattre cette maladie », a-t-il déclaré.

Méfiance de la population

Défiance, remise en question de l'existence même de la maladie... à Butembo comme à Beni, l'hostilité envers les équipes médicales est très forte, neuf mois après le début de l'épidémie. Cette situation s'explique notamment par le contexte politique et les scrutins reportés dans cette zone réputée acquise à l'opposition, selon Christophe Vogel, chercheur à l'Université de Gand, en Belgique, et spécialiste de l'est du Congo.

Il reste assez difficile, pour les intervenants de la riposte, de gagner la confiance de la population.

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