Cote d'Ivoire: Relation et diplôme

Un artiste chanta que « relation est mieux que diplôme ».

En effet, ayant constaté que dans les sociétés surtout africaines, les personnes moins qualifiées mais à fortes relations s'insèrent plus dans la vie active que des diplômés même de haut niveau, il conclut que relation serait mieux que diplôme. Évidemment, vu ce qui se passe dans nos sociétés, on pourrait dire qu'il n'a point tort. Mais l'on doit cerner que cette situation dépend des systèmes...

Bien entendu, étant dans un système défaillant, favorisant et promouvant cet état de fait, inéluctablement relation serait une et mille fois mieux que diplôme. Dans un tel système, il faudrait privilégier les relations plutôt que les diplômes. Car, les relations sont les moyens privilégiés du système.

Pour mieux se valoriser ou se mouvoir dans la société, il faudrait impérieusement avoir des relations et non forcément des diplômes. Ainsi, dans ce système, rechercher des relations serait plus judicieux que chercher des diplômes. Puisque la finalité des deux moyens est de permettre l'insertion dans la vie active ; de la sorte le système implémente le moyen des relations au détriment de celui des diplômes.

La preuve est que, dans ce système, les jeunes n'ayant point de relations pour être parrainés à un concours ou de parents fortunés pour leur acheter un concours, sont obligés de militer dans des associations ou clubs obscurs, dans des partis politiques, non par conviction mais par intérêt, en espérant être parrainés à un concours ou dans une entreprise pour obtenir un emploi. En tout état de cause, ces jeunes n'ont guère le choix, puisque cette pratique est la tradition du système. Cependant, dans un système exemplaire favorisant et promouvant l'intelligence et récusant avec la dernière énergie la médiocrité, diplôme serait une et mille fois mieux que relation.

En effet, ce système sachant que l'intelligence est le moyen par excellence de satisfaction convenable et efficace des besoins humains de toute sorte, valorise tout ce qui pourrait caractériser l'intelligence, à savoir les diplômes, la compétence, la qualité des travaux, les tests de recrutement, les concours, etc.

Dans ce système, les diplômes et tout ce qui a trait à l'intelligence sont privilégiés au désavantage des relations et tout ce qui est en rapport avec la médiocrité. Ainsi, pour ce système, la relation favorisant et promouvant la médiocrité n'est guère le moyen à valoriser dans la société, car celui-ci est l'incarnation des échecs notoires, des résultats médiocres, des situations invivables... enregistrés dans la société.

C'est pourquoi, pour sortir nos sociétés de la précarité, il faut privilégier l'intelligence au détriment de la médiocrité, et donc le diplôme au désavantage de la relation ou du copinage. Ainsi, il faut sortir des systèmes qui promeuvent la relation au détriment du diplôme, et embrasser ceux promouvant l'intelligence et donc les diplômes au désavantage des relations.

Nous devons donc sortir de nos systèmes actuels induits par le régime présidentiel et le régime parlementaire, car les deux systèmes par leurs défaillances sont l'incarnation par excellence de la situation évoquée ci-dessus.

En effet, avec ces systèmes, c'est la loi des relations contre celle des compétences ; c'est la loi de la médiocrité contre celle de l'intelligence ; c'est la loi des mauvais rendements contre celle des bons rendements ; c'est la loi des anti-valeurs contre celle des valeurs ; c'est la loi de la corruption contre celle de l'intégrité ; c'est la loi du mensonge contre celle de la vérité ;c'est la loi de l'insatisfaction contre celle de la satisfaction ; c'est la loi de la paresse, de la fainéantise contre celle de la détermination, de l'effort; c'est la loi de l'injustice contre celle de la justice ; c'est la loi de la complaisance contre celle de la rigueur ; c'est la loi de l'incompétence contre celle de la compétence ; c'est la loi de la mauvaise contre celle de la bonne gouvernance ; c'est la loi du sous-développement contre celle du développement ; c'est la loi de l'inefficacité contre celle de l'efficacité de la gouvernance ; c'est la loi du mal-être contre celle du bien-être ; c'est la loi de la tyrannie contre celle de la démocratie ; c'est la loi du chômage contre celle de l'emploi ; c'est la loi de la pauvreté contre celle de la richesse ; c'est la loi d'une minorité incompétente contre celle de la majorité compétente ; c'est la loi de l'incivisme contre celle du civisme ; c'est la loi des idées obsolètes, irrationnelles, inappropriées et infertiles contre celle des idées innovantes, rationnelles, appropriées et performantes, etc.

Avec ces systèmes précaires, en réalité nous ne pourrons guère atteindre nos objectifs. Nos sociétés seront toujours fragiles et ne pourront guère nous donner satisfaction, car elles ne disposeraient point de ressources nécessaires pour la cause.

En effet, la médiocrité induite par la relation étant le moyen privilégié dans ces sociétés, celles-ci ne pourront capitaliser les compétences nécessaires pouvant instruire ou induire des actions performantes dont elles ont besoin pour consolider leur solidité d'une part, et apporter la grande satisfaction aux Africains d'autre part.

Face à la situation dramatique que vivent nos différentes sociétés surtout africaines, il leur faut de très bons systèmes. Des systèmes qui leur permettront de sortir définitivement de la précarité, mais surtout de renouer et de placer au cœur de leurs intérêts des valeurs comme l'intelligence, la compétence, la culture du résultat, les diplômes, la détermination dans le travail, la qualité du travail, les idées innovantes, rationnelles et appropriées, la justice, la démocratie, le bien-être, le bonheur, etc.

Au demeurant, nous suggérons le régime pentiviste, car celui-ci étant la correction des deux régimes défaillants susmentionnés, est le régime politique par excellence que pourraient explorer nos différentes sociétés pour sortir de leur précarité et amorcer la vitalité, la performance dont elles ont besoin pour garantir nos conditions de vie.

En effet, avec le régime pentiviste, on aura un système politique et étatique dynamique, performant et rassurant. Ce système, par son mécanisme bien introduit, éliminerait de facto des pratiques malveillantes telles que : favoriser les relations au détriment des diplômes, la médiocrité au détriment de l'intelligence, l'incompétence au désavantage de la compétence, le copinage au détriment de l'équité ; le parrainage aux concours et l'achat des concours, etc.

Ce système renouera avec des valeurs comme : promouvoir les diplômes au détriment des relations et donc la formation, l'instruction, la compétence au désavantage du manque de formation, d'instruction et de compétence; promouvoir l'organisation transparente des concours et examens ;favoriser exclusivement la capacité et les compétences pour l'admission à ces concours et examens ; promouvoir la bonne gouvernance, l'efficacité de la gouvernance, la démocratie, l'État de droit, l'équité, la justice, la liberté objective, l'intégrité, les idées innovantes, rationnelles et appropriées, le développement, le bien-être, le bonheur, etc.

En tout état de cause, avec ce système l'on doit impérativement prendre conscience que les pratiques dévalorisantes, favorisées et entretenues par les anciens systèmes, ne seront plus possibles dans la société. Les adeptes de ces pratiques doivent abandonner leurs méthodes et chercher à s'approprier celles du nouveau système. Car, dorénavant, seules ces méthodes seront pratiquées dans la société. Ainsi, les fainéants gagneraient à s'adapter au nouveau système, puisque désormais les choses ne seront plus comme auparavant.

Cela dit, l'on doit comprendre profondément que les pratiques dévalorisantes et déshumanisantes, sacralisées et véhiculées jusque-là par les deux systèmes défaillants énoncés ci-dessus, ne resteront point éternelles. Le régime pentiviste mettra fin à leur règne.

C'est pourquoi, nous devons être confiants et chercher surtout à épouser les pratiques saines et valorisantes, car ce que nous croyions être la règle auparavant sera désormais prohibé, et tous les moyens seront mis en œuvre par le mécanisme du nouveau système pour faire respecter cette prohibition.

chercheur interdisciplinaire en développement

concepteur du projet Vision-monde de monde

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