Congo-Kinshasa: [A l'ombre de Notre Dame de Paris] FCC-CACH - L'union fait la force !

"Pourquoi, nous Congolais, ne pourrions-nous pas, nous aussi, à l'instar de ce que démontre le peuple français à la suite de l'incendie de Notre Dame de Paris, tirer de nos difficultés de soixante ans, une formule nouvelle capable d'enclencher le miracle congolais ?, s'interroge Jean-Pierre Kambila, dans une analyse pointue sur la situation politique actuelle en RD. Congo.

Pour lui, en effet, la coalition FCC-Cach représente aujourd'hui une véritable chance pour le pays parce qu'à travers ses composantes, la RDC rassemble ses diversités pour retrouver son unité et ainsi, le travail du renforcement de la cohésion nationale pourra se poursuivre sans trop d'entraves.

A son avis, la configuration de ce vaste regroupement politique qui réunit les descendants politiques et idéologiques des personnages tels que Lumumba, Mzee Kabila, Etienne Tshisekedi, tous attachés à l'indépendance de notre pays, rassure chaque patriote, quant à la souveraineté que la RDC se doit de sauvegarder.

En clair, la coalition FCC/CACH s'avère fortement dominée par des partis politiques progressistes croyant aux valeurs de la social-démocratie. Il y a, ici, une raison majeure, au vu de la situation sociale de la RDC, d'apporter un soutien à cette tentative. Donc, cette coalition, à elle seule, permettra à l'expérience acquise par les sortants et candidats à une nouvelle entrée, de ne pas se perdre inutilement.

Puis, elle offrira à ceux qui, hier encore, cantonnaient leurs intelligences dans la critique, la possibilité de se confronter à la réalité de la gouvernance, en y apportant notamment, du sang neuf. C'est cet attelage-là qui, à tout le moins, inspire espoir et confiance en l'avenir immédiat de la RD. Congo. L'union fait la force, dit-on. Ici, cet analyste retrace les péripéties et encourage les personnalités qui, à des moments agités, n'ont cessé de tout mettre en œuvre pour sauver les meubles au sein de leurs partis respectifs.

Il cite nommément parmi eux, Jean-Marc Kabund, Augustin Kabuya, Baudoin Mayo, KitengeYesu pour l'implication dans la survie de la coalition CACH -FCC que certains des leurs combattants ou militants appelaient à signer prématurément le certificat de décès.

Et, pourtant, alors que Lamuka se vide au gré de ralliement de la plupart de ses soutiens étrangers à Félix Tshisekedi, les leaders de CACH et du FCC ont là, l'occasion de se souder les coudes, de resserrer les liens autour des valeurs communes, de consolider l'unité et la cohésion nationale et d'affirmer la souveraineté de la RD. Congo dans le concert de nations. Jean-Pierre Kambila, agissant en sémiologue, décrypte, à sa manière, les signes de temps, dans sa réflexion, ci-dessous.

L'esprit « Notre Dame » à Kinshasa

L'incendie de la Cathédrale Notre Dame de Paris a produit en moi, Congolais et assez proche de la culture francophone, un double sentiment ; beaucoup d'admiration et un brin de gêne, si ce n'est un peu de jalousie, je l'avoue.

Comme la plupart d'entre nous, j'ai ressenti la tristesse que les média français ont très habilement répandue sur l'ensemble de la planète terre.

Avec une intelligence politico-marketing hors pair, les élites françaises ont fait du drame qui touche ce lieu de culte et touristique, empreint d'histoire, une occasion d'encenser, à la fois, leur passé, leur présent et même d'une certaine manière leur avenir.

Observez l'impact qu'aura cet événement sur le mouvement des gilets jaunes ; voyez la mise en scène autour des pompiers vainqueurs du feu diabolique ; attendez les résultats des élections des députés européens en France ; soyez attentifs aux prochaines statistiques du tourisme et du retour des vieux « savoir-faire » architecturaux français : vous comprendrez ! N'est-ce pas admirable ? Ce malheur, devenu opportunité, a réellement soudé et consolidé le pays de Voltaire.

J'ai ressenti un peu de jalousie, je le confesse, parce que mon esprit n'a pas su m'empêcher de comparer l'émotion et l'engouement suscités par cet incident, pourtant, réparable en France et dans le reste du monde, au peu d'intérêt que l'on porte, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur sur la situation politique objectivement bien plus préoccupante de notre pays.

D'ailleurs, pour parler d'un drame récent, quel est le degré d'émotion créé par les 150 morts du lac Kivu ?

J'ai trouvé dans le trouble jeté dans mon esprit par cette dichotomie, une raison de plus pour une fois encore, à travers ces lignes, de prêcher la paix, la cohésion nationale et un peu de considération à notre propre égard. Peut-être qu'à force de répétitions, arriverions-nous à nous accorder à nous-même un peu d'attention et, pourquoi pas, d'importance.

Il importe d'abord de relever que pendant que certains leaders soumis aux intérêts étrangers autour de « Lamuka » notamment, se préparent, selon leurs propres affirmations, à mettre le pays à feu et à sang et que quelques extrémistes du Cach, naïvement, certes, s'accrochent à des formules du passé et leur emboitent le pas, beaucoup de Congolais ont réellement pris conscience que dans les circonstances d'aujourd'hui, la paix, la concorde et le développement de la République Démocratique du Congo résident dans la mise en œuvre de l'Accord de coalition signé par le FCC de Joseph Kabila Kabange et le Cach de Félix Tshisekedi Tshilombo.

A observer l'état de l'échiquier politique actuel, cette coalition, à propos de laquelle il ne saurait plus y avoir débat contradictoire puisque les statistiques publiées par l'Assemblée nationale l'attestent, domine largement la chambre basse du parlement. La situation n'est pas différente au Sénat. La majorité parlementaire, qui soutiendra très prochainement le gouvernement que les Congolais attendent du PPRD, de l'UDPS, de l'AFDC, de l'UNC, du Palu et autres, contrôle 382 élus sur les 500.

Qui peut raisonnablement et sans mauvaise foi, contester que cette assemblée-là représente le peuple congolais ?

On peut donc objectivement penser que ces élus du peuple sauront, sans conteste, encadrer nos populations pour assurer la paix et la concorde nécessaires à la lutte contre la pauvreté, la corruption, l'impunité et pour le développement. Après plusieurs échanges parfois durs, on peut affirmer que la polémique autour de la désignation ou pas d'un informateur pour constater la majorité est close.

En face, par contre, l'on ne trouve aucune force organisée mettant en avant des principes ou un quelconque projet politique cohérent. Alors que Lamuka se détricote de lui-même au fur et à mesure que les puissances apportent leur soutien à Félix Tshilombo Tshisekedi, le président élu, le moment est venu de souligner les efforts consentis, par les uns et les autres, afin que la coalition FCC/CACH ne meure pas prématurément.

Dans des circonstances difficiles, certains leaders du Cach, tels que Kabund a Kabund, Augustin Kabuya et Jean-Baudouin Mayo ont dû travailler au corps à corps pour modérer les ardeurs de certains des leurs militants qui, saisissant mal ou pas du tout le sens et les objectifs de la coalition FCC /Cach, demandaient sa dislocation.

Il faut également signaler la prise de position fort courageuse du vétéran KitengeYesu qui, dans un tweet plein de sagesse adressé aux militants du Cach, déclare : «évitez de spéculer sur l'Accord avec le FCC. Mieux s'en tenir à la précision de Windhoek. Et savoir que lorsqu'on s'engage mal dans un virage on finit par déraper».

En effet, la coalition FCC/Cach représente aujourd'hui une véritable chance pour le pays parce qu'à travers ses composantes, la RDC rassemble ses diversités pour retrouver son unité et ainsi, le travail du renforcement de la cohésion nationale pourra se poursuivre sans trop d'entraves.

La configuration de ce vaste regroupement politique qui réunit les descendants politiques et idéologiques des personnages tels que Lumumba, Mzee Kabila, Etienne Tshisekedi, tous attachés à l'indépendance de notre pays, rassure chaque patriote, quant à la souveraineté que la RDC se doit de sauvegarder.

La coalition FCC/CACH s'avère fortement dominée par des partis politiques progressistes croyant aux valeurs de la social-démocratie. Il y a, ici, une raison majeure, au vu de la situation sociale de notre pays, d'apporter un soutien à cette tentative.

Par ailleurs, la coalition permettra à l'expérience acquise, par les sortants et candidats à une nouvelle entrée, de ne pas se perdre inutilement. Le même Accord offrira, enfin, à ceux qui, hier encore, cantonnaient leurs intelligences dans la critique, la possibilité de se confronter à la réalité de la gouvernance en y apportant du sang neuf. Cet attelage inspire espoir ; ne dit-on pas que l'union fait la force ?

Pourquoi, nous Congolais, ne pourrions-nous pas, nous aussi, à l'instar de ce que démontre le peuple français à la suite de l'incendie de Notre Dame de Paris, tirer de nos difficultés de soixante ans, une formule nouvelle capable d'enclencher le miracle congolais ?

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