Burkina Faso: S'enChinera bien qui s'enChinera le dernier

Je n'entamerai plus les élucubrations par Alpha Barry. Non, d'Alpha Barry je ne dirai plus rien. Vous m'êtes tous témoins. Je crois que même Ablassé Ouédraogo doit se poser des questions sur le classement de Frédéric Guirma.

Mais comment il fait notre ministre des Affaires étrangères pour être là et là à la fois ? Il était à Istambul n'est-ce-pas ? Et hop ! Le revoilà à Pékin avec son staff au complet signant des milliards et encore des milliards. Des milliards de Yuans pardi ! Tout le monde en costume - cravate étincelant. Aucun en Faso Dan Fani. La haute diplomatie que certains appellent diplomatie du développement a sûrement ses règles. Le style Naaba Bonnet rouge n'est pas conseillé partout.

S'enChinera bien qui s'enChinera le dernier !

Pendant que Barry se livrait à son sport favori qui consiste à apposer des signatures valant de l'or, l'Ambassadeur d'Arabie Saoudite dans notre pays était venu faire part de l'invitation du Prince Salman pour une visite d'amitié de Roch au Royaume Saoudite. Le Prince Salman c'est le Roi, ne vous y trompez pas. Sans commentaire. Mais il y a du miam - miam dans l'air. Avec même sûrement du glou glou glou. Et nous ne serons pas au bout de nos surprises car de Riyad à Brunei il n'y a qu'un saut. Pétrodollar plus pétrodollar. C'est pas bon à prendre ça ? Diplomatie du développement, c'est ainsi qu'on l'appelle à Dabaré dans le Plateau central.

Alpha Barry viva ! Alpha Barry oh yé !

Monsieur le ministre, rentrez donc vite à la maison avec ces sacs de Yuans ! Yuans y a bon !

Oui, nous on s'enChine. On s'enChine nous. On s'enChine avec la vraie Chine. Pas avec la Chine des Yuankées, j'allais dire pas avec la Chine de Bush père et de Bush fils.

Il fut un temps où les pays africains qui entretenaient des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine se comptaient sur les bouts des doigts. C'était le Mali, la Guinée et le Ghana. Ici en Haute-Volta, nous avions une peur bleue des Chinois. Des Russes aussi. Des Cubains aussi. Des Albanais aussi, surtout des Albanais. Ils étaient une minorité qui n'avait pas peur des Chinois mais ils s'en cachaient. Néanmoins il se chuchotait les noms de Philippe Ouédraogo. De Soumane Touré. De Basile Guissou. De Halidou Ouédraogo. Mais pour Halidou on chuchotait faiblement. On chuchotait même très faiblement et je n'ai jamais su pourquoi.

Mais là où je n'aurais pas mis mon doigt au feu c'est lorsqu'on chuchotait sur Eddie Komboïgo et Kadré Désiré Ouédraogo. Là j'avoue n'y avoir jamais cru parce que très tôt ces deux ont humé l'odeur du milliard alors que à ce qu'on disait, les Chinois ne connaissaient rien au milliard et même qu'ils détestaient le milliardaire.

J'allais oublier, on a chuchoté aussi sur Simon et Roch. Mais là, je peux le dire, c'est non. Non et non. Comment je le savais ?

A cause de leurs géniteurs qui avaient en horreur tout ce qui ressemblait au Chinois.

Dans le même temps on disait aussi que Roch et Simon ayant fait Dijon, Ils ne pouvaient pas être indemnes parce qu'à Dijon il y avait beaucoup de mauvais garçons qui lisaient des livres écrits par un certain Mao Tsé Toung. Qui m'a dit tout ça ? Personne... Je suis de Ouaga tout simplement.

On raconte que les Chinois qui venaient en Guinée ne comprenaient pas un traitre mot de Français et leurs amis Guinéens encore moins un mot de Chinois. Pourtant il fallait converser.

Vous connaissez l'expression française " Tchin tchin... " qu'on emploie pour boire à la santé de quelqu'un. On fait " Tchin-Tchin... " en levant le verre. " Tchin tchin... " ça résonne comme "Chine Chine".

Il paraît qu'un jour à Conakry, à une réception en l'honneur d'une délégation nouvellement venue de Chine, Sékou Touré leva son verre et déclara : Tchin tchin. Et les Chinois à leur tour de soulever leur verre pour déclarer : "Guinée Guinée " !

Il m'est revenu que le Président Alassane Bala Sakandé, apôtre du vivre-ensemble bien connu, était très désappointé en apprenant qu'un énergumène d'internaute a déclaré que "les Peuls sont des Burkinabè". Comment peut-on dire pareille ineptie ? Il a bien raison Bala Sakandé. Il connait l'histoire... Lorsque ses pères ont débarqué dans ce pays, le Burkina, en provenance du Yémen, les Peuls étaient là. Les Samos aussi étaient là mais ça c'est une autre histoire.

De l'histoire parlons-en. Instruction a été donnée à Maurice Bonanet de garder le secret mais je vais vous en dire un brin. Voilà... L'année prochaine, l'année 2020, l'année de la présidentielle, cette présidentielle où le mot "Un coup KO" sera banni du langage, cette présidentielle où ce sont les faiseurs de roi qui auront le vent en poupe, cette année-là, nous les Samos nous allons ériger... Je vous en prie, dites-moi, on dit des mémorials ou des mémoriaux ? Qu'importe ! Nous allons ériger dans la ville des mémoriaux à la gloire des Samos. Un mémorial au Nord, un mémorial à l'Est, un au Sud, un à l'Ouest. Oui, comme les échangeurs... Et pour que tout le monde comprenne bien, nous allons ériger un mémorial au Centre, juste en face de Kosyam. Un mémorial comme il en existe à Washington. L'Amérique a ses Américains autochtones, les Indiens d'Amérique. Nous les Samos, nous sommes les Indiens du Faso. Les visiteurs de luxe de passage dans la capitale comme la Gouverneure de Canada, pourront aller faire poussi-poussi au Moro Naaba, mais ils devront passer d'abord par le Mémorial des Samos. Ça va rapporter gros ? Bien sûr que ça va rapporter gros. Qu'est-ce-que vous croyez ?!

Zéphirin Diabré était sur RFI la semaine passée face à l'intraitable Christophe Boisbouvier. On s'est bien régalé. Christophe Boisbouvier, malin comme à l'accoutumée, a voulu faire dire à Zéphirin ce qu'il ne devrait pas dire. Il oublie que Zéphirin n'est pas de la dernière pluie. Il en eu pour son compte Boisbouvier. Des entretiens de ce genre on en redemande sans jamais en avoir assez. C'est l'occasion de le dire, je suis de ceux qui pensent que les conférences de presse du CFOP tous les mardis sont un peu trop. En ayant dit cela, certains en déduiront que je n'aime pas l'Opposition. J'aime l'Opposition mais je ne suis pas de l'Opposition. Et je ne suis pas de la Majorité non plus ce qui veut dire que je suis et de l'Opposition et de la Majorité. Par conséquent, les "mardi politique" on aime donc il nous en faut. Il faut seulement éviter de nous envoyer des 5e roue qui vont venir nous parler de la pluie et du beau temps. Si on peut nous délecter de Zéphirin chaque mardi, c'est tout bénef.

Mais qui donc a inventé les élucubrations ? Quand on commence on ne peut plus s'arrêter.

On aimerait aussi avoir du KDO chaque mardi ou tout autre jour.

Mais hélas, KDO ne parle pas et il ne parlera pas on le sait. Disons qu'il ne parlera pas de sitôt. Et pourtant il devrait parler parce que pour 2020 il n'est pas trop tôt pour parler.

Le buzz... le faux buzz de Carlos Toé... On l'a eu enfin : Tahirou Barry y va.

Tahirou Barry... Après sa déclaration de candidature je l'ai lu et relu. Par moment et en vérité j'ai eu la chair de poule. Des mots, des mots. Il en a des mots notre Tahirou :

- les gémissements quotidiens d'un peuple ravagé par la peur...

- une jeunesse blessée par la généralisation du chômage...

- un pays malade...

Qu'est-ce qu'il avait dit encore à propos d'un vieux vieillard assis dans du feu ?

Mon Dieu ! Il m'a donné la tremblote Tahirou.

Mais il y a un point sur lequel je suis resté sur ma faim. L'honorable député et désormais candidat à la présidentielle a déclaré qu'avant de prendre sa décision, il a consulté sa famille et une centaine de sages et de personnes-ressources. Ce que moi j'aurais aimé savoir parce qu'il n'a rien dit dessus c'est ceci : tous ceux qui ont été consultés, tous sans exception, lui ont donc dit : Tahirou, c'est bien ... Vas-y. Fonce !?

Et Laurent Bado, mentor et père spirituel, il ne lui a point dit : "Mon fils, c'est bien d'avoir de l'ambition mais il faut avoir les deux pieds sur terre. Ton heure n'est pas encore arrivée".

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Plus de: L'Observateur Paalga

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