22 Avril 2019

Burkina Faso: Crise MPP/Bazèga - Les explications des mis en cause

Dans la lettre pour Laye du vendredi 12 au dimanche 14 avril 2019, nous annoncions que la crise qui couve au sein du MPP/Bazèga suite au renouvellement des structures du parti est entrée dans sa phase éruptive. Mais à écouter les têtes de proue des deux camps dont a fait cas Tipoko l'Intrigante dans sa missive, il n'en est rien. Olivier Conombo, le maire de Kombissiri, et Etienne Ilboudo, le secrétaire général adjoint de la section provinciale, que nous avons rencontrés le samedi 20 avril dernier, s'expliquent.

Le renouvellement des structures du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dans le Bazèga n'a pas été sans difficultés. Dans une de nos livraisons, notamment notre numéro 9832, il est dit que l'assemblée générale de la sous-section de Kombissiri du dimanche 7 avril dernier a tourné en bataille rangée entre deux camps protagonistes, le premier, dirigé par le maire actuel de Kombissiri, Olivier Conombo, et le second, représenté par le secrétaire général adjoint de la section provinciale, Etienne Ilboudo.

Les responsables desdits camps ont tenu à nous dire leur part de vérité : pour Etienne Ilboudo, l'assemblée générale (AG) dont notre canard fait cas est une AG illégale. Elle a été initiée par le secrétaire général de la section provinciale, Adama Ouédraogo. Ayant reçu le message annonçant une AG le dimanche 7 avril comme tous les membres du Bureau politique national (BPN) du Bazèga, le ministre de l'Eau, Niouga Ambroise Ouédraogo, a fait un post dans le groupe BPN de la province pour signifier au SG qu'il n'est pas habilité à convoquer le Bureau politique national pour une rencontre. Malgré ce recadrage, selon nos deux interlocuteurs, le SG n'en a fait qu'à sa tête. Conséquence, parmi les 26 membres que compte le BPN du Bazèga seulement 2 ont pris part à la réunion.

N'ayant pas pris part à cette rencontre, les deux hommes étaient surpris de voir leur nom dans nos colonnes, pire, de lire qu'ils sont à la tête de camps. « Ni lui (NDLR : le maire), ni moi n'étions à cette rencontre ; comment nous pouvons avoir des camps ? », s'est interrogé le SG adjoint de la section provinciale, Etienne Ilboudo. S'il y a crise, ce que les deux hommes ne voient pas, « c'est le SG qui a créé et entretenu sa crise du fait de son mécontentement parce qu'il estime qu'on a enlevé ses protégés des structures qui ont été mises en place ».

Sur ce point, Etienne Ilboudo pense que le SG n'est pas de bonne foi parce que, sur les 7 SG de sous-sections, il n'y a que deux qui ont été remplacés. Le premier, c'est par convenance personnelle, le deuxième, lui, a été changé pour des raisons d'efficacité. En résumé, pour les deux hommes, s'il y a deux camps, c'est celui du SG de la section provinciale et le reste du BPN.

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