22 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Import-export - Une solution temporaire en l'absence du port de Banana

Le vaste ouvrage encore en construction contraint les autorités du pays à réfléchir sur une alternative crédible pour maintenir, voire booster les activités de transport entre le territoire congolais et l'extérieur. Parmi les solutions à envisager, l'achat d'une drague pour mener des travaux de dragage du bief maritime entre Boma et Matadi.

Les armateurs congolais continuent de considérer le bief maritime comme « une zone à hauts risques ». En effet, tel que l'explique un expert, les navires de haute mer en provenance de l'Europe et d'ailleurs, transportant des marchandises à destination de la République démocratique du Congo (RDC), avaient pris l'habitude d'accoster au port de Pointe-Noire depuis 1988. Pour cause : la faible calaison entre le port de Matadi et l'Océan Atlantique obligeait les opérateurs économiques à recourir systématique à des petits bateaux qui effectuaient des rotations régulières entre les villes portuaires de Pointe-Noire et de Matadi. A une certaine époque, l'on se rappelle de l'appel des autorités portuaires pour une accélération des rotations pour désengorger le port de Pointe-Noire. En accélérant la vitesse de rotation, il était possible à la fois de désengorger le port et de tirer davantage de dividendes de l'augmentation de l'activité.

Entre-temps, un grand débat a refait surface en RDC : le port en eau profonde de Banana. La construction d'une route reliant Pointe-Noire et Brazzaville, au Congo, a fait bondir quelques notables Ne Kongo. Avec le projet de lier par route et par rail les villes de Kinshasa et de Brazzaville, le Kongo central allait perdre à coup sûr un marché qui l'a propulsé parmi les provinces les plus riches du pays. Cet important et coûteux ouvrage représentait d'abord la survie des ports de Boma et Matadi, voire de l'économie tout entière. Mais Pointe-Noire a fini par s'imposer comme un « avant-port » pour Boma et Matadi, note l'expert. Bien entendu, les conséquences financières sont terribles pour ces deux principaux ports du pays, ajoute-t-il.

Selon une source portuaire, au moins 70 % des échanges commerciaux de la RDC transitent par Matadi via Pointe-Noire. Du côté congolais, l'heure n'est plus au questionnement sur les raisons profondes d'une telle dépendance d'un port étranger. La construction du port en eau profonde de Banana semble être la piste la plus intéressante pour faire revenir la RDC dans le jeu. Mais les travaux n'ont débuté finalement que l'année dernière et il faut compter au moins un certain temps avant le lancement officiel du port qui permettra au pays d'exploiter enfin son seul accès à la mer.

En l'absence d'un port en eau profonde, l'expert demande au president Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d'acheter une drague à élinde trainante à pelle hydraulique au profit de la Compagnie des voies maritimes. Cette solution temporaire coûtera entre quatre-vingt-dix et cent millions de dollars américains. Sur le terrain, il s'agira de mener des travaux de dragage du bief maritime entre Boma et Matadi. Dans les années 1979, une drague de régie publique travaillait sur le fleuve entre 6 et 18 h sur une soixantaine de kilomètres. Il était possible de maintenir le tirant d'eau de 7 à 10 m. Le dragage est donc à relancer pour améliorer la navigabilité sur le fleuve Congo.

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