22 Avril 2019

Algérie: La concertation organisée par le pouvoir largement boudée

Le président par intérim Abdelkader Bensalah avait invité lundi 22 avril les partis politiques et plusieurs personnalités à discuter à huis clos de la préparation des prochaines échéances électorales. Mais la réunion a été largement boycottée.

Les concertations se sont ouvertes lundi matin, mais les fauteuils étaient bien vides à en croire la photo diffusée par l'agence de presse officielle. La rencontre se déroulait à huis clos au palais des Nations en périphérie de la capitale. Toujours selon l'agence de presse officielle étaient présents : des leaders de partis, des juristes, et des représentants de la société civile, mais peu de noms circulent.

Mais difficile de savoir qui a participé à cette première journée de concertation à l'invitation du président par intérim Abdelkader Bensalah, car ceux qui y sont allés ont peu médiatisé leur présence. En revanche, ceux qui l'ont boycottée l'ont fait savoir, et de fait, ils sont aussi les plus nombreux.

Le rendez-vous a en effet été boudé par ceux qui ont vraiment du poids. Dans une lettre, Ali Benflis estime que ces concertations sont inopportunes et hors sujet. L'ancien Premier ministre estime même que cette réunion pourrait être perçue comme une provocation par les Algériens.

Quand vous voyez l'absence totale de toutes les figures importantes des partis politiques, des personnalités nationales, eh bien vous concluez que non seulement c'est un fiasco, mais que cette démarche ne peut pas aller plus loin. C'est de la perte de temps

Le MSP, le parti islamiste, voit aussi dans cette réunion une atteinte à la volonté populaire, comme l'explique Abderrazak Makri, son patron : « Les Algériens veulent un changement véritable. Ils ne sont pas d'accord pour que la transition soit dirigée par des personnalités affiliées au pouvoir. Tout le monde appelle à ce que Bensalah soit changé, il faut qu'il parte. Il faut donc répondre à l'appel des Algériens et après on ira dans le dialogue et dans la concertation. »

Tout le monde veut qu'il y ait un dialogue, mais pas avec les personnalités qui sont le produit même de la fraude électorale et le produit même de cette politique du fait accompli.

La liste de ceux qui boycottent cette réunion ne s'arrête pas là. Il y a aussi le Parti des travailleurs. Louisa Hanoune, qui est à sa tête, se justifie dans une vidéo : ces concertations sont une manœuvre visant à imposer la continuité du même système. « Impossible qu'on puisse répondre à une telle invitation et de participer à une telle conférence que le peuple algérien a refusé », résume Djelloul Djoudi, secrétaire national à la communication du parti.

Le RCD de Mohcine Belabbas dit également ne pas se reconnaître pas dans « des agendas qui vont à l'encontre des revendications du peuple ».

Globalement, tous ceux qui se rangent du côté du peuple ont boudé la rencontre. Abdlekader Bensalah avait demandé à toutes les parties concernées de participer en toute confiance et de faire preuve d'innovation pour cette première étape. Il n'a manifestement pas réussi à convaincre.

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