22 Avril 2019

Togo: Arrestations d'opposants - D'où viendra le salut du peuple togolais ?

Depuis le 13 avril dernier, date de la dernière manifestation du Parti National Panafricain (PNP) dont le leader, Tikpi Salifou Atchadam, vit dans la clandestinité depuis plus d'un an, le bras sécuritaire du régime de Faure Gnassingbé semble avoir ouvert la chasse aux sorcières dans les rangs des militants du parti d'opposition.

En effet, ce sont successivement le trésorier, le secrétaire exécutif et le conseiller spécial du président du parti qui sont allés grossir les rangs des nombreux prisonniers politiques et d'opinion qui croupissent dans les geôles du régime, au motif que leur manifestation n'aurait pas respecté les itinéraires autorisés et qu'elle s'est soldée par une mort d'homme.

Comme l'on peut s'en douter, la raison avancée par les « sécurocrates » du régime n'est qu'un prétexte à leur volonté à peine masquée d'embastiller toute l'opposition qui, depuis plus d'une année, n'a cessé d'organiser des manifs pour dénoncer les ambitions de pouvoir à vie du satrape togolais.

En réalité, l'objectif visé à travers ces arrestations à tour de bras, c'est l'interdiction de toute forme de manifestations contre un pouvoir frileux, dont la principale phobie est que les révolutions démocratiques qui secouent le continent, ne se déportent devant ses portes. Mais faut-il s'étonner de ce énième tour de vis du pouvoir ?

Assurément, non quand on sait que Faure Gnassingbé a fini par gagner l'opposition à l'usure, sans faire la moindre concession. Jouant à fond la montre et usant de la répression, il a fait voler en éclats la coalition des partis de l'opposition qui constituait le seul véritable obstacle à son pouvoir.

Mieux, pour lui, la communauté sous-régionale et internationale, blasée, a fini par se lasser des problèmes politiques de l'ex-enclave allemande, laissant les mains libres au satrape dans les manœuvres de musèlement de son peuple sur l'autel de sa soif inextinguible de pouvoir. La question que l'on se pose est donc de savoir « d'où viendra le salut du peuple togolais. »

Bien malin qui pourrait répondre à cette question d'autant que l'opposition togolaise semble en panne de stratégies efficaces pour venir à bout du régime et que la société civile qui a fait la preuve de son efficacité dans les différentes révolutions sur le continent, semble inexistante au Togo. Une chose est certaine : les Togolais doivent se convaincre que pour aller au paradis, il faut accepter de mourir et que nul ne peut les soulager de leur fardeau si ce n'est eux-mêmes.

Le Togo constitue la brebis noire du troupeau dans l'espace ouest-africain

Cela dit, la communauté internationale, en l'occurrence la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a tort de se désintéresser de la situation politique au Togo qui, aujourd'hui, constitue la brebis noire du troupeau dans l'espace ouest-africain. D'abord parce que c'est un petit ver qui finit par pourrir tout le fruit.

L'exemple togolais peut faire des émules. Ensuite, parce que de la stabilité politique au Togo qui constitue par son port, l'une des portes d'entrée au Sahel, dépend l'économie de certains Etats. Il faut donc agir et ce ne sont pas les moyens qui peuvent manquer quand la volonté politique y est.

L'exemple des actions concertées entre la CEDEAO et l'UEMOA, qui a mis fin au putsch militaire au Mali, est là pour nous le rappeler. Mais quel dirigeant démocrate oserait assener ses quatre vérités à un satrape en exercice comme Faure ? Un tel scénario relève quasiment de l'utopie.

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