Congo-Kinshasa: Election du Bureau définitif de l'Assemblée Nationale - Nouvelle confusion au Palais du Peuple

22 Avril 2019

Après le désordre ayant émaillé, le lundi 15 avril 2019, la plénière de l'Assemblée Nationale, sur fond de controverse autour du quota de représentation de l'opposition au sein de son bureau définitif, un nouveau raté a été enregistré le samedi 20 avril.

Alors que la plénière était consacrée au coup d'envoi de la campagne pour l'élection des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale, la motion de Lambert Mende est venue bloquer la machine déjà en marche.

En effet, l'ancien porte-parole du gouvernement et député élu de Lodja, dans la province du Sankuru, a pris la parole pour exiger l'amendement de l'ordre du jour présenté par le président du bureau provisoire de l'Assemblée nationale, lequel prévoyait le début de campagne des candidats aux différents postes aussitôt après la validation des mandats de 15 députés fraichement élus dans les territoires de Beni, Butembo et Yumbi.

Lambert Mende tenait à un débat autour de la liste des candidats retenus et affichés par le bureau provisoire de l'Assemblée nationale, pour que la plénière puisse se prononcer préalablement sur sa recevabilité ou non.

Dans sa réplique, Henri Lokondo a dénoncé une manœuvre dilatoire destinée à obtenir l'élimination, de la course, des candidats qui ne plaisaient pas au Front Commun pour le Congo, la famille politique du Chef de l'Etat sortant. Pour l'élu de Mbandaka, une motion ne pouvait pas casser une décision du bureau déjà en exécution.

Il a fait remarquer que la campagne électorale en cours au Palais du Peuple faisait découlait d'une décision du bureau provisoire de l'Assemblée nationale. Par conséquent, la plénière n'était pas compétente pour juger de la recevabilité des candidats aux postes du bureau définitif, car cette question relève de la compétence exclusive du bureau provisoire.

Le professeur Ndjoli, membre de l'oppositon, a abondé dans le même sens que Lokondo, estimant que la liste établie par le bureau provisoire ne pouvait être remise en question au niveau de la plénière. Etant donné que la décision du bureau provisoire est d'ordre administratif, toute contestation devrait être dirigée vers le Conseil d'Etat.

Bien que membre de la majorité, le député Botakile, professeur de droit, a soutenu la position de son collègue Ndjoli.

Cet enseignant de droit public a fait savoir que la décision d'ordre administratif prise par le bureau provisoire de retenir les candidats à l'élection du bureau définitif de l'Assemblée nationale ne pourrait être remise en cause qu'au niveau du Conseil d'Etat et non de la plénière de l'Assemblée Nationale.

En dépit de l'éclairage de ces juristes, l'ordre du jour de la plénière a tout de même été rejeté, perturbant ainsi le calendrier publié par le bureau provisoire de l'Assemblée nationale et adopté en plénière.

Il faut noter que la candidature de Fabrice Puela, membre de la Dynamique de l'Opposition, un regroupement politique proche de « Lamuka », au poste de rapporteur adjoint de l'Assemblée nationale, a été rejeté, car non endossé et validé par sa famille politique. ERIC WEMBA

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Phare

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.