22 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Un faux taxi en circulation - Deux jeunes dames enlevées sur 24 novembre

Kinshasa, ville de légendes loufoques et des récits épiques, n'a pas encore fini de surprendre ses habitants. Et chaque jour qui passe, l'imaginaire populaire s'abreuve d'histoires d'enlèvement des jeunes filles.

Jadis, on accréditait facilement la thèse selon laquelle les victimes, les yeux bandés, un chiffon enfoui dans la bouche, finissaient après des détours dans plusieurs quartiers de Kinshasa, par se retrouver dans une maison forteresse difficile d'accès. Et comble de cruauté, c'était sur les tables des ogres qui les découpaient en morceaux pour un trafic d'organes.

Aujourd'hui, les « forteresses » et les « bouchers » ont disparu de ces légendes d'horreur et l'on parle plus des enlèvements de jeunes filles qui se soldent souvent par des extorsions de sacs à main, des téléphones androïd, des bijoux en or et des billets de banque. Dernièrement, des braqueurs, drogués à souhait, se sont offert quelques cas de viols sur des victimes sans défense, mais pourvues de beaucoup de charme. Dans le premier cas, des mois après des agressions, quelques jeunes filles ayant reconnu leurs agresseurs, à certains arrêts de bus ou devant de grandes surfaces, ont agrippé ces inciviques et appelé l'assistance de badauds pour procéder à leur arrestation.

Ainsi neutralisés, les délinquants ont été acheminés sous bonne escorte au Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, non sans avoir reçu une avalanche des coups de poings, des gifles et des objets contondants. C'est le visage tuméfié et défiguré qu'ils ont été présentés aux limiers du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants, avant que des espaces leur soient réservés dans des cachots. Outre les premières plaintes, le dossier de ces mécréants ont été enrichis par des dénonciations d'autres victimes qui par un curieux hasard, ont livré le même modus operandi de leurs agresseurs. C'est en compulsant les fichiers de ces derniers que les policiers se sont rendu compte qu'ils avaient affaire à des récidivistes, maintes fois arrêtés par la police et maintes fois, transférés aux parquets.

A la tête d'une bande tristement célèbre dans ce genre de méfaits, trône un policier, le sous-commissaire Lokuli encore en fuite. Il est secondé par élément des Fardc, le 1 er sergent Mombo Zani Jean, actuellement mis à la disposition du Corps de Génie. Ces deux malfaiteurs se sont trouvés une nouvelle occupation : l'enlèvement de jeunes dames. Et pour la réussite de cette entreprise criminelle, un chauffeur cascadeur a été recruté en la personne de Héritier Bandwa Bidilu, habitant sur l'avenue Lobo n° 53, quartier Kingabwa, commune de Limete. C'est avec lui que le 1 er sergent Mombo sillonnait les grandes artères de Kinshasa, en quête de nombreuses victimes aux apparences de bonnes familles.

Un embouteillage monstre sauve les deux jeunes filles devant la Place Assanef

Et comment ont-ils été appréhendés ?

Le 22 mars 2019, la nuit était tombée sur la ville. Sur l'avenue du 24 novembre bondée de monde, les étudiants de la vacation du soir et les travailleurs de la commune de la Gombe, s'étaient amassés aux arrêts pour chercher un moyen de transport. 18 H 30'. Les bus et les taxis étaient devenus rares et ceux en circulation étaient remplis de passagers.

A la hauteur du Supermarché Swiss Mart, une jeune fille Stéphanie habitant sur avenue Bobozo à Kingabwa et sa copine Davina résidant sur avenue Lutshatsha, quartier Lemba-Foire, attendaient depuis des heures, un taxi pouvant les conduire jusque sur le boulevard Lumumba à Limete. Elles taillaient bavette avec d'autres étudiantes. Une voiture taxi de couleur jaune s'est arrêtée devant elles. A bord, seulement deux personnes, le conducteur et un passager. Destination ? On leur signale que le taxi faisait la ligne Gombe-Lemba. Elles embarquent avec empressement, sûres que le calvaire de la longue attente était terminée pour elles.

A peine la Toyota IST avait démarré, le chauffeur a monté toutes les vitres et verrouillé toutes les portières de l'intérieur. Se sentant entre les mains des délinquants, les jeunes filles se sont mises à crier, alors que leurs voix sortaient difficilement de leur « prison ». L'un des agresseurs en profita pour les intimider en leur demandant de rester tranquilles si elles tenaient encore à vivre. Heureusement, un embouteillage monstre s'était créé sur avenue du 24 novembre. Les passagers des autres véhicules qui suivaient la même direction, ont vite remarqué une bagarre à bord du taxi des malfaiteurs. A la suite de la clameur publique, quelques chauffeurs courageux ont décidé de voler au secours des infortunées. C'est la course-poursuite.

Une demi-heure plus tard, la voiture des bandits doublement immatriculée, devant avec la plaque portant 5150 AN/ 01 et à l'arrière 5160 AN/01, a été coincée peu après le robot-roulage de la Place Assanef, grâce à une queue de poisson qui l'a bloquée au bord de la chaussée. Les policiers venus à la rescousse ont réussi à extirper les deux victimes en pleurs, transpirant à grosses gouttes et tremblotant comme des feuilles mortes. Sur le champ, ces éléments ont pris le contrôle de l'engin et menotté les deux braqueurs.

Ils seront conduits sous bonne escorte au Commissaire provincial de la police où ils ont reconnu leurs forfaits après être confrontés avec leurs victimes. Signalons qu'après leur transfert à l'Auditorat militaire de garnison de la Gombe, le 1 er sergent Mombo et son comparse Héritier Bandwa seront déférés devant le Tribunal militaire du même ressort pour enlèvement.

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