23 Avril 2019

Congo-Brazzaville: Environnement - Les érosions bousculent les lignes du transport en commun à Brazzaville

Le phénomène environnemental modifie la configuration de la circulation routière par des « demi-terrains » et des détours quasi impraticables, dans les quartiers nord de la capitale notamment. Ainsi, les automobilistes s'arrêtent à mi-parcours, obligeant les passagers à poursuivre le trajet à pied pour rallier l'autre bout et trouver un autre moyen de transport.

L'érosion de Ngamakosso est la plus importante de Brazzaville et sa périphérie, en dehors des cent huit têtes d'érosions révélées récemment par une étude américaine dans la zone. Elle ronge les habitations et les routes au point de reconfigurer le circuit de transport en commun inter-quartiers, notamment dans la zone nord de la capitale.

Un lourd béton érigé dans les entrailles de l'érosion, une présence d'engins et parfois des travailleurs pour l'endiguer n'empêchent pas de constater que ce gros ravin oblige les automobilistes à prendre des détours, eux aussi menacés de s'écrouler, ou raccourcir les trajets. Le phénomène de demi-terrain se trouve ainsi renforcé au grand dam de la population.

A l'arrêt « libulu », ravin ou érosion en français, cette réalité saute aux yeux. Les taxi-bus (cent-cent) s'alignent en deux compartiments séparés par une barre de fer. Une espèce de péage de fortune infranchissable sans payer la somme de 100 FCFA, dont les conducteurs ne connaissent ni l'issue ni l'utilité. « Si tu ne paies pas, tu ne passes pas. Si tu demandes un reçu, tu auras des problèmes avec ceux qui gèrent cette zone de stationnement », a fait savoir un conducteur qui crie à la volatilisation des recettes, dont l'Etat a grandement besoin dans les temps qui courent, puisque, selon lui, ce ne sont pas toujours les agents de la mairie qui font des recouvrements dans les arrêts de bus de fortune des quartiers éloignés. Pourtant ce conducteur, lui-même, ne se contente que de desservir un petit trajet que l'on peut parcourir à pied sans trop de difficultés.

Calvaire

Les citoyens qui sortent de Kintélé, par Manianga, ne peuvent pas franchir l'arrêt « libulu » par véhicule. A cette étape, ce sont les pieds qui prennent le relais à travers un petit détour souvent surpeuplé aux heures de pointe. La situation est la même pour ceux qui viennent du lycée Thomas-Sankara pour atteindre l'avenue de l'autre côté du ravin. En cas d'incendie ou incident d'une certaine nature, dans un tel périmètre, l'intervention des secouristes peut s'avérer difficile, même si la sécurité a développé une politique de proximité pour mettre la population à l'abri face au danger. Pareil pour une évacuation sanitaire d'urgence.

Des contours qui sauvent

La construction de la deuxième sortie nord de Brazzaville est vue aujourd'hui comme un acte de prévoyance de la part des pouvoirs publics. Le viaduc, longtemps fermé au transport en commun, est ouvert depuis des mois pour soulager la population. Ce viaduc, d'ailleurs, est lui aussi dangereusement menacé par l'érosion. Les travaux visant à stopper la progression de ce phénomène environnemental sont aux arrêts... L'axe de Djiri est aussi une issue de sortie. Un grand contour sur une route pas vraiment en bon état.

Mfilou n'est pas épargné

L'avenue Mouhoumi, principale porte de sortie et d'entrée dans le septième arrondissement de Brazzaville en partant de Moukondo, n'est praticable qu'en partie. Le trajet est donc coupé en deux. Entre le rond-point Mouhoumi et la station à essence, tout va bien. Mais au-delà, impossible de rouler. La boue, les mares d'eau et le niveau de l'ensablement constituent un obstacle de taille pour les automobilistes qui, là encore, prennent des détours pour s'en sortir.

Récemment, grâce à l'ambassade des Etats-Unis, des experts américains ont publié les résultats de leurs études sur les érosions à Brazzaville et sa périphérie. Plusieurs pistes de solution ont été proposées pour endiguer la progression de ce phénomène. Les pouvoirs publics avaient lancé les travaux, mais les moyens semblent faire défaut malgré la volonté manifeste. Même si les choses ne resteront pas telles définitivement, pour l'heure, la population peine à se déplacer.

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