Burkina Faso: Pénurie d'eau - Nouna meurt de soif

Cette période caniculaire est marquée à Nouna, comme ailleurspar des pénuries d'eau. Sauf qu'ici, la situation est sans précédent, les habitants passant parfois plusieurs heures, voire des jours, sans qu'aucune goutte ne sorte des robinets et ce depuis plus d'un mois

Au milieu de dizaines de femmes et d'hommes, Fati, élève en classe de 3e, attend impatiemment son tour pour remplir sa barrique. « Je suis là depuis 17h. Il est 20h passées et je n'ai pas encore eu d'eau. Or je dois aller bosser. On a devoir demain » ; se plaint-elle. Comme elle, des milliers de Nounalais sont privés d'eau depuis le mardi 16 avril matin. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que le précieux liquide a recommencé à couler des robinets, mais nombreux sont ceux qui ne seront pas servis à temps.

« La pression est très faible et vous voyez que je suis assailli par les barriques, seaux, bassines et bidons. Il y a de la bousculade et les querelles ne manquent pas », déclare Souleymane Zalla, gérant d'une fontaine au secteur 3, contraint de passer des nuits blanches à satisfaire sa clientèle.

« J'ai envoyé mes habits à Bobo pour les faire laver »

Cette situation est vécue chaque jour depuis maintenant plus d'un mois. Et quelle en est la cause ? Nous avons tenté vainement de trouver une réponse auprès de l'autorité en charge de la question. Les conséquences, elles, sont cependant bien connues. Difficile de vivre sans eau. Se réveiller à 4h du matin ou attendre tard la nuit à la recherche d'eau et souvent rentrer bredouille, Evelyne Sidibé en a fait l'amère expérience. « C'est très compliqué. A cause du problème d'eau, je vais chaque fois en retard à l'école », a-t-elle affirmé.

Tous les secteurs d'activité sont touchés par le manque d'eau. « On ne peut rien faire sans eau. Les hommes en souffrent. Les autorités nous regardent sans rien faire. Beaucoup de chantiers de construction sont à l'arrêt en ce moment », a constaté Adama Ouédraogo avant d'ajouter qu'il est lui-même contraint d'amener ses habits à Bobo pour les faire laver.

La pénurie d'eau que connaît la ville de Nouna est sans précédent au point que des hommes comme Moumouni Soré sont obligés de jouer les premiers rôles dans la recherche de cette denrée devenue rare. « Il est difficile pour la femme de rester jusqu'à 1h ou 2h du matin, c'est pourquoi je prends la responsabilité de cette tâche », a expliqué ce jeune commerçant d'une trentaine d'années.

Face à la situation, certains n'ont d'autre choix que de se rendre au puits d'où ils tirent de l'eau impropre à la consommation, s'exposant ainsi à des maladies. Combien de temps le calvaire va-t-il encore durer ? Impossible de le savoir. En attendant, les regards des habitants de Nouna sont tournés vers l'ONEA, espérant retrouver dans un bref délai de l'eau abondante.

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