24 Avril 2019

Madagascar: Référendum constitutionnel - Ravalomanana déplore l'absence de dialogue

Marc Ravalomanana n'a pas caché ses inquiétudes devant le projet de révision constitutionnelle annoncée par le nouveau pouvoir.

Le président national du TIM a dénoncé le manque de transparence sur le contenu des amendements à soumettre au vote des électeurs le 27 mai prochain.

Le Conseil des Ministres de vendredi soir a pris le décret n° 2019-790 portant convocation des électeurs pour l'adoption d'un projet de loi constitutionnelle modifiant certaines dispositions de la Constitution de la Quatrième République.

L'opportunité de ce référendum constitutionnel et la constitutionnalité des actes pris en vue de cette consultation référendaire continuent de susciter des débats de fond et de fonds. L'ancien président Marc Ravalomanana, non moins président national du TIM, n'a pas tardé à réagir.

Avant-hier, lors d'une conférence de presse qu'il a tenue à son domicile à Faravohitra avec les membres du bureau politique et des candidats députés de son parti, il a déploré l'absence du dialogue dans ce processus de révision de la loi fondamentale.

« Durant la campagne électorale de la dernière présidentielle, je n'ai pas dit non à la révision de cette Constitution. Mais, avec la démarche qu'on adopte actuellement pour cette révision, je ne suis pas d'accord. C'est une loi fondamentale dont la révision est soumise à une procédure particulière. », a dénoncé Marc Ravalomanana.

Ce dernier d'enfoncer le clou : « Si ce référendum sera jumelé avec les Législatives du 27 mai, la campagne devra débuter le 27 avril prochain. Or, jusqu'ici, les électeurs ne connaissent pas le contenu des amendements à proposer. »

Pleins pouvoirs. L'ancien président s'est également posé la question sur la signification des articles 161 et 162 de la Constitution à réviser. Cet article 161 prévoit : « Aucune révision de la Constitution ne peut être initiée, sauf en cas de nécessité jugée impérieuse. » « Le fonctionnement régulier de l'Etat est-il bloqué pour justifier cette décision de convoquer de manière inopinée et urgente les électeurs à un référendum ? La suppression du Sénat ou la mise en place des gouvernorats de région peut-elle être considérée comme une nécessité impérieuse ? », s'est-il interrogé.

Par ailleurs, le président national du TIM d'interpeller l'opinion publique nationale et internationale : « La loi d'habilitation donne-t-elle pleins pouvoirs au président de la République de s'arroger des pouvoirs dévolus à l'Assemblée nationale et au Sénat en matière de révision constitutionnelle ? »

Du côté de la communauté internationale, c'est encore le silence. Force est cependant de constater qu'à trois jours de l'ouverture de la campagne de propagande pour le référendum du 27 mai, les amendements sur lesquels les électeurs se prononceront par le « oui » ou par le « non » ne sont pas encore connus. Et ce serait la pagaille à partir du 06 mai car deux campagnes seront menées en parallèle.

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