Cameroun: Inclusion financière - Les bons comptes des petits épargnants

Ils se recrutent dans les marchés, bistrots, salons de coiffure, etc et déposent entre 1000 F et 25 000 F de leurs recettes journalières auprès des agents de microfinance.

Si la microfinance n'était pas venue vers elles, ces bayam-sellam en poste au marché Mfoundi à Yaoundé n'auraient peut-être pas eu la bonne idée d'ouvrir un compte bancaire. Aujourd'hui, elles s'en vantent même et font une sorte de publicité auprès de leurs collègues en les encourageant à faire autant. Annabelle Manga, marchande d'épices sur le site indique qu'elle épargne entre 1000 et 1500 F tous les jours ouvrables. Elle brandit d'ailleurs son carnet d'épargne qui affiche un solde de 125 000 F.

Sa voisine, Yolande Thuindeu, vendeuse de fruits, possède à peu près le même montant dans son compte ouvert depuis deux ans, « grâce à l'insistance d'un agent col lecteur d'un établissement de microfinance de la place », explique-t-elle. Les deux dames racontent comment cette opération est devenue un rituel pour elles. En mi-journée, dès qu'elles ont atteint entre 1000 F et 2000 F de recettes, elles « bipent » l'agent commercial pour la collecte. C'est le cas de presque tous les vendeurs qui exercent à cet endroit.

Njoya, boucher dans le même marché explique que ce système d'épargne lui permet de mieux garder son argent et éviter de faire des dépenses futiles. « Je monte des projets précis puisque je peux retirer de l'argent quand je veux. Contrairement à la tontine où il faut demander un prêt ou à défaut, attendre la fin de l'année pour la cassation », avoue le boucher. Même si le taux d'intérêt est minime, tous semblent louer cette initiative qui leur a permis de posséder un compte bancaire. Une affaire qu'ils croyaient réservée à certaines personnes .

Dans une microfinance située non loin de ce marché, un responsable explique sous anonymat comment s'effectue la collecte auprès de cette cible. Le minimum à collecter auprès des épargnants pour cet éta blissement est de 1000 F. Notre source indique qu'ils ont une cible précise, généralement de petits commerçants à qui ils présentent les avantages d'une telle opération. « C'està-dire mettre une infime partie de leur recette journalière à l'épargne, le montant oscille souvent entre 1000 F et 2000 F », indique le responsable.

Cependant, certains clients, notamment les tenanciers de gar gote ou des instituts de beauté vont même parfois jusqu'à 25 000 F. « Tout dépend de la rentabilité de l'activité ». Dans un autre établissement de microfinance au centre ville de Yaoundé, Valentin T., responsable marketing parle de sécurisation de l'épargne. « Dans une tontine, la trésorière peut détourner les fonds. Par contre dans une banque, l'argent est en sécurité.

Autres avantages, pas besoin pour le client de se déplacer pour l'ouverture du compte, elle se fait sur place, à l'endroit où se trouve le client. De plus, quinze jours après l'ouverture du compte, le client peut effectuer un retrait. Pour ce qui est des agios, il y a des commissions mensuelles qui sont versées aux agents commerciaux, les clients sont tenus de payer une partie de ces frais.

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