Madagascar: Transferts sociaux monétaires - Singularités et similitudes en Afrique francophone

La 5e édition des Communautés de pratique de transferts sociaux monétaires (CoP) en Afrique francophone se tient depuis hier jusqu'au 26 avril à l'hôtel Ibis Ankorondrano. Ayant réuni 18 pays, cette 5e CoP a permis de dégager les pratiques communes et/ou tendances générales de la protection sociale non contributive en Afrique.

Des représentants de 18 pays de l'Afrique francophone participent à cette réunion de haut-niveau, qui en est à sa cinquième édition. Les quatre précédentes se sont tenues au Fortaleza au Brésil, à Niamey au Niger, à Brazzaville au Congo Brazzaville et l'année dernière à Dakar au Sénégal. Pendant quatre jours, ils vont échanger sur leurs bonnes pratiques et trouver des moyens de mieux coordonner et d'améliorer la mise en œuvre des filets sociaux de sécurité en Afrique pour une protection sociale non contributive plus efficace en Afrique, capable d'aider les populations concernées par l'extrême pauvreté à se relever et atteindre peu à peu un développement humain durable.

La cérémonie s'est déroulée sous le haut patronage de SEM le Premier ministre Christian Ntsay. Le Ministre par intérim de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la Femme, M.Razafimahefa Tianarivelo, également présent, a déclaré lors de la journée de lancement : « Pour Madagascar, l'accueil de cette 5e Rencontre ici à Antananarivo, témoigne la volonté du Gouvernement, conformément à sa Stratégie nationale de la Protection sociale et en cohérence avec la Politique générale de l'Etat, de réaliser le défi de tripler les bénéficiaires des programmes de protection sociale mettant en œuvre le transfert social monétaire d'ici 2023 ». Notons qu'une descente sur terrain est programmée dans le cadre de cette 5e CoP, elle aura lieu à Antanifotsy, dans le Vakinankaratra.

Similitudes. La principale similitude des transferts sociaux monétaires en Afrique réside dans le fait que la promotion et la formation d'un capital humain épanoui en constitue le socle. La formation d'un capital humain qui commence dès les premiers instants de vie d'un enfant jusqu'à ses cinq ans, sa nutrition, sa santé et son éducation. Un capital humain dont la promotion de la femme et de la santé maternelle, est également un élément fondateur. Financé en très grande partie par la Banque mondiale, mais aussi le Fonds des Nations unies pour l'UNICEF (en particulier à Madagascar) qui se focalisent sur le capital humain comme principal moteur de développement humain et économique. Les filets sociaux de sécurité prennent ainsi en charge un éventail de secteurs tels que l'éducation, la nutrition et l'agriculture, la protection de l'Enfance et la protection de la Femme, ou encore la santé publique et l'éducation financière.

La promotion de la Femme se manifeste notamment dans le fait que dans la plupart des pays concernés, les femmes sont les principaux récepteurs et gestionnaires des transferts monétaires. Cela renforce le leadership féminin et concourt ainsi à l'autonomisation de la Femme. Par ailleurs, un autre trait commun à souligner sur la création d'un registre unique : dans la plupart des pays africains, l'élaboration d'un registre unique, qui est encore en cours pour la plupart des pays. Pour le cas du Togo, par exemple, le registre unique est en cours d'élaboration, mais la question est : où ce registre va-t-il être enregistré, au niveau du Ministère du Développement à la Base, ou encore du Ministère de l'Action sociale ?

Singularités. Les différences sont aussi sensibles dans ce contexte régional. Notamment au niveau de l'engagement-budgétaire et politique- de l'Etat. Ainsi au Togo, l'Etat finance le tiers de la mise en œuvre des transferts sociaux monétaires et des projets de protection sociale ; toutefois cela n'est pas encore officiel, inscrit dans la loi des finances par exemple et donc, peut cesser à tout moment. A Madagascar en revanche, bien que les filets de sécurité sociaux soient un projet gouvernemental, l'Etat malgache ne contribue qu'à 2% à 5% du budget. A ce propos, le 12 avril dernier, lorsque la Première Dame a été consacrée Ambassadrice du Fonds des Nations unies pour la Population (FNUAP), le Président a promis que l'augmentation du budget alloué aux ministères en charge du « sosialim-bahoaka », ie : des secteurs sociaux. En termes du montant des filets de sociaux, le cas de l'Archipel des Comores est singulier.

Le montant mensuel y est fixé à 40 euros par ménage, si dans la plupart des18 pays concernés, la somme ne dépasse pas les dix dollars, six à dix dollars USD en moyenne. Laura Rawling, Responsable de la Protection sociale au siège de la Banque mondiale à Washingtown DC, de faire remarquer : « La protection sociale qui représente l'un des moyens les plus sûrs de lutter contre l'extrême pauvreté, ne se réduit pas seulement aux transferts monétaires. Elle est efficace, car elle implique une approche et des impacts transversaux. Elle impacte autant sur la santé, la promotion de la femme et du capital humain par la santé, la protection, l'éducation et la nutrition des enfants. D'autant plus que la protection sociale non contributive produit des bénéfices et impacts à long terme, donc favorables à un développement socio-économique pérenne. »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.