Sénégal: Sédhiou - Meurtre d'un vieux berger à Secafoula, en zone de frontière

Le vol de bétail est sans répit dans l'extrême sud de la région de Sédhiou, frontalière à la GuinéeBissau. Le dernier en date remonte à la nuit du lundi 22 au mardi 23 avril, avec le meurtre de Habib Camara, berger de son état et âgé de 67 ans. Ses bourreaux l'ont atteint par balle d'une kalachnikov, avant de s'enfuir avec ses six bœufs en direction de la Guinée-Bissau. Le Balantacounda est profondément inquiet de cette endémie de la razzia sur les animaux et exige sécurité et considération pour préserver leur intégrité et leur sécurité.

La tristesse, la consternation et même la peur habitent désormais l'esprit des populations de Sécafoula, village de la commune de Mangaroungou situé dans l'extrême sud de Sédhiou, frontalier à la Guinée-Bissau. Un de leur concitoyen, Habib Camara, âgé de 67 ans, est tué par balle dans la nuit du lundi au mardi vers 3 heures du matin.

Selon les témoignages les plus concordants, l'homme qui portait en bandoulière son fusil de chasse a suivi les traces des voleurs de bétail qui venaient de s'emparer de 6 de ses bœufs quand soudain ceux-ci ouvrirent le feu sur lui dans les forêts de Kossi, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.

Atteint à la cuisse, selon une source médicale, et par une arme de type kalachnikov d'après le maire de Samine, Yaya Diao, Habib Camara succombera à ses blessures avant l'aube en raison, dit-on, du volume important de sang perdu. Deux mois auparavant pourtant, des voleurs avaient pris 16 têtes de bœuf du troupeau d'Habib Camara.

Il les avait également suivi jusqu'en Guinée-Bissau; il avait déboursé une somme de 25.000 F CFA remise à la Police des frontalières de la Guinée-Bissau pour l'aider à retrouver les bêtes volées.

Mais en vain, a témoigné Massiré Touré, un collègue du fils du défunt en service à la Croix rouge sénégalaise à Sédhiou. Selon Yaya Diao, le maire de Samine, l'arme du défunt est entre les mains de la Gendarmerie de Samine pour nécessité d'enquête, une arme réclamée par les populations pour, soutient-on, continuer à surveiller les animaux.

Dans le Balantacounda, le vol de bétail est sans répit et les populations exigent que soit renforcé le dispositif de sécurité notamment sur les axes frontaliers.

«Nous souffrons énormément de la récurrence des vols de bétail, avec arme à feu. C'est la source de pauvreté et beaucoup sont aujourd'hui découragés de l'élevage et préfèrent migrer vers d'autres cieux. C'est à la limite une atteinte à l'intégrité physique des populations.

Ce sont des Sénégalais bon teint qui ont droit à la protection et à la sécurité, en tous lieux et en tous temps», a souligné Yaya Diao. Le défunt était marié, polygame et père de 11 enfants, reconnu digne homme et engagé à l'œuvre.

Dans cette partie du Balantacounda frontalière à la Guinée-Bissau, le vol de bétail attribué aux Bissau-guinéens est à la fois une source potentielle de conflit armé dans la zone et un facteur d'appauvrissement qui tue l'économie locale et nourrit la migration irrégulière, en désespoir de cause.

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