23 Avril 2019

Afrique du Sud: Tourisme de mémoire - Honneur et gloire aux « Boni de Guyane » sur la terre de leurs ancêtres !

Les premières Journées mémorielles internationales de la Route de l'esclave de Côte d'Ivoire ont débuté le lundi 22 avril à Aboisso.

De leur arrivée, le 21 avril et ce, jusqu'au 26 avril 2019 ; 25 Guyanais du clan des Boni, séjournent en Côte d'Ivoire, dans le cadre de l'acte 1 « Journées mémorielles internationales de la Route de l'esclave de Côte d'Ivoire ». Un retour en terre ancestrale, sous le signe du devoir de mémoire, du pardon et de l'implémentation d'un circuit de tourisme mémoriel sur fond d'un héritage culturel.

Notons, au passage, le peuple Boni de Guyane qui a su préserver l'essentiel de son identité africaine, s'est mis, au lendemain de l'abolition de l'esclavage, en opposition avec l'assimilation et le mimétisme que la colonisation qui a suivi, a voulu imposer.

C'est pourquoi, dans son allocution, à Krindjabo, capitale du Royaume Agni-Sanwi dont sont originaires les Boni et déportés dans la grisaille de l'esclavage outre-Atlantique, le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, s'est félicité du retour de cette délégation Guyanaise sur la « terre de ses ancêtres ».

« Nous nous inscrivons dans ces premières Journées mémorielles internationales de la Route de l'esclave. Que la terre de vos ancêtres vous soit favorable », a-t-il souhaité à la délégation des Boni réaffirmant l'engagement de son département ministériel à promouvoir le « Tourisme de mémoire ». Toute chose qui s'arrime à la cérémonie de « purification » sous la houlette de Sa Majesté Nanan Amon N'Doffou V, roi du Sanwi.

Le peuple Boni de Guyane, à en croire des études, a des ascendants qui ont essentiellement des origines Akan du Sanwi, l'un des premiers royaumes de la Côte d'Ivoire qui s'étend sur 8000 km2. C'est donc, à bon escient, que dans l'élan de synergie gouvernementale, Maurice Kouakou Bandaman, le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie lors de cette cérémonie solennelle aux allures de retrouvailles, ne pouvait que faire cette confession : « Le peuple Boni de Guyane est essentiellement d'origine ivoirienne... Nous ferons de Krindjabo l'une des villes touristiques de mémoire. Le tourisme de mémoire sur l'esclavage est un tourisme du souvenir et de la douleur ».

Ces Journées mémorielles, faut-il le rappeler, s'inscrivent dans le cadre du Programme de l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) dénommé la « Route de l'esclave » lancé en 1994 à Ouidah au Bénin pour mettre fin au silence autour de la traite négrière et de l'esclavage. Il s'agit plus précisément de mener des actions visant à la conservation dans la mémoire collective des effets de la traite négrière et de l'esclavage afin d'inscrire dans l'esprit de tous la non-reprise de ces pratiques qui ont déshumanisé des peuples et briser leur élan.

En écho d'un retour en terre ancestrale acté, le député de la Guyane et porte-parole de la communauté Boni, Adam Lenaîck, s'est voulu fraternel, un brin ému : « C'est une joie pour nous d'être ici. Aujourd'hui, c'est un rêve qui devient réalité. C'est grâce à nos ancêtres que nous sommes ici ».

De plain-pied avec « Sublime Côte d'Ivoire »

Après Krindjabo, la délégation Guyanaise accompagnée des autorités ivoiriennes s'est rendue dans la ville historique de Grand-Bassam pour visiter le musée national du Costume. Avant de se rendre à Tiassalé et Yamoussoukro, entre autres étapes de son séjour.

Le tourisme de mémoire, en guise de piqure de rappel, appelé aussi tourisme mémoriel, est une forme de tourisme qui consiste à mettre en avant le patrimoine historique du lieu, en particulier quand le site en question a été marqué par un évènement ponctuel, marquant en ce qu'il peut être fondateur ou potentiellement douloureux. Mais, cette activité touristique d'appel culturel est, tout aussi, motivée par l'enrichissement civique et culturel qu'il peut véhiculer et le bénéfice qu'une telle activité peut générer sur la vitalité économique et culturelle des territoires. C'est du moins, ce qui sous-tend le volet du tourisme mémoriel dans la stratégie gouvernementale du développement touristique « Sublime Côte d'Ivoire » (2018/2025).

Qui vise, notamment avec la « Route des esclaves », développer un circuit touristique à destination de 50.000 touristes principalement Américains autour de la découverte des lieux de mémoire de la traite négrière, en développant l'infrastructure touristique dans ces lieux de mémoire. Notamment à Tiassalé: visite du premier pont de Côte d'Ivoire au dessus de la jonction des fleuves Bandama et Nzi, déjeuner au bord du fleuve - Hippopotames sur le fleuve ou balade à vélo sur les berges-, avec la visite de la plus grande plantation de bananes de Côte d'Ivoire, ainsi que l'énorme plantation d'un Suisse avec de l'hévéa, le cacao et la banane et surtout une église-mosquée très belle, bien que modeste, où les deux religions officient, etc. Tout en comptant dans le parcours, une escale importante sur la berge de Kanga Nianzéoù une stèle a été érigée au bord de la rivière du dernier bain purificatoire des déportés.

Par ailleurs, il est prévu l'érection d'un musée de la traite négrière à Grand Lahou, à l'endroit, où les esclaves arrivées en petites embarcations par le fleuve sont transférés dans les grands bateaux pour le grand voyage vers les Antilles et les Amériques. Voyage supposé du non-retour. Que non ! Les Boni prouvent aujourd'hui, le contraire.

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