24 Avril 2019

Congo-Kinshasa: Nouveau gouvernement congolais - Une si longue gestation

L'Assemblée nationale congolaise a un nouveau président, ou plutôt une présidente. Presque 4 mois après les élections générales du 30 décembre 2018, Jeanine Mabunda, qui fut conseillère de l'ancien président Joseph Kabila dans la lutte contre les violences sexuelles, a en effet été hissée hier au perchoir.

Sans surprise, puisqu'elle était l'unique candidate en lice, l'indépendant Henry Thomas Lokondo ayant finalement renoncé après l'invalidation de sa candidature. L'Assemblée nationale, dominée par le Front commun pour le Congo, coalition de l'ex-majorité présidentielle, est désormais en ordre de marche.

Et si du côté du pouvoir législatif les choses bougent dans le bon sens, l'exécutif pour le moment se résume à un « one man band » en la personne de Félix Tshisekedi, puisqu'un trimestre après son investiture il n'a toujours pas de premier ministre et donc pas de gouvernement. Une situation qui plombe les activités aussi bien étatiques que privées, mais qui ne surprend guère.

Elle est en effet la conséquence logique de la compromission qui a porté le leader de l'UDPS au pouvoir.

Le fils du Sphinx de Limete, on ne le sait que trop, n'a pas vraiment été élu démocratiquement, mais plutôt nommé, si l'on ose dire, par son prédécesseur qui a préféré de loin cet opposant accommodant à Martin Fayulu, président de l'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement et porte- drapeau de la coalition Lamuka, « réveille-toi » en lingala. Véritable vainqueur de cette présidentielle, il a été floué et sacrifié sur l'autel de ce que d'aucuns ont appelé « la première alternance démocratique et pacifique du pays ».

Ainsi, ce sont « ces petits arrangements à l'africaine », pour reprendre la méchante et condescendante expression de Jean-Yves Le Drian, qui a conduit Félix Tshisekedi là où il se trouve actuellement.

Un président sans véritable assise qui pédale dans le vide, flottant dans un costume visiblement trop grand pour lui, le vrai pouvoir étant détenu par celui qui a réussi le tour de force de partir tout en restant.

Avec une majorité FCC écrasante dans les deux chambres du Parlement, le successeur de Kabila se trouve dans un scénario de cohabitation avec l'ancienne majorité présidentielle.

C'est donc dans les rangs de cette opposition forte qu'il devrait choisir son premier ministre. Un poste qu'il avait pourtant promis à son ami Vital Kamerhe au moment de leur défection.

On se souvient qu'à peine 24 heures après la désignation à Genève de Martin Fayulu comme candidat unique de l'opposition à la présidentielle, ces deux figures de la politique congolaise avaient tourné casaque, préférant jouer leur propre carte.

Et voici aujourd'hui les deux alliés bien embêtés pour avoir pactisé avec le diable que jadis ils combattaient.

Floué par ses anciens camarades de lutte, le candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre dernier, dans une interview accordée le 22 avril à la BBC, prédit quant à lui que « Tshisekedi et Kabila vont continuer à danser et chercher la balance pour diriger ce pays sans vision ». Un pilotage à vue qui en tout cas ne présage rien de bon.

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