Egypte: La couverture du référendum constitutionnel sous surveillance

communiqué de presse

Interdits de diffuser les résultats partiels du scrutin, des journalistes ont également été empêchés de couvrir les opérations de dépouillement. Reporters sans frontières (RSF) s'inquiète des limitations croissantes au travail des médias en Egypte.

Après avoir été interdits de diffuser les résultats partiels du référendum constitutionnel qui s'est tenu en Egypte du 20 au 22 avril par l'Autorité nationale des élections (ANE), l'instance chargée du suivi des élections, plusieurs journalistes ont été empêchés d'assister aux opérations de dépouillement.

Et ce en dépit des assurances de l'ANE, qui affirmait lors d'une conférence de presse au Caire le 20 avril dernier, que les journalistes avaient toujours le droit de couvrir le scrutin et le dépouillement des urnes.

« L'interdiction faite pour la première fois aux journalistes de publier les résultats partiels d'un scrutin révèle la volonté des autorités égyptiennes de verrouiller encore un peu plus la diffusion d'informations d'intérêt général », déplore le bureau Moyen-Orient de RSF, qui appelle également l'Autorité nationale des élections à « garantir aux journalistes de pouvoir exercer leur droit d'assister aux opérations de dépouillement des urnes, comme elle l'avait affirmé. »

Le comité chargé de suivre les conditions de la couverture médiatique du référendum, créé par le Syndicat national des journalistes -proche du pouvoir-, assure dans son rapport avoir reçu au moins six signalements d'incidents.

Parmi les cas signalés, le journal Bawabat al-Ahram a déposé une plainte auprès du syndicat après que l'un de ses collaborateurs, Mohammed Ali, a été empêché de prendre des photos dans la banlieue du Caire, dans le quartier de Ain Shams, alors même qu'il se trouvait à l'extérieur du bureau de vote et qu'il avait présenté sa carte.

Par ailleurs, le journal Al Mashhad, joint par RSF, confirme que trente journalistes de sa rédaction n'ont pas été autorisés à couvrir le dépouillement. Ils avaient pourtant fourni tous les documents requis dans les délais, y compris une lettre du Conseil supérieur de régulation des médias.

Dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, l'Egypte occupe la 163e position, perdant ainsi deux places par rapport à l'année précédente.

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