Congo-Kinshasa: Assemblée nationale - Un bureau définitif sans l'opposition

« La loi du plus fort est toujours la meilleure », a écrit Jean de La Fontaine. A l'Assemblée nationale, la majorité parlementaire (FCC, UDPS et UNC) l'a démontré en s'imposant dans l'élection du bureau définitif de la Chambre basse du Parlement : six postes, contre un seul, laissé du reste vacant, pour le compte de l'opposition. Jeanine Mabunda (PPRD) prend les commandes, assistée de Jean-Marc Kabund (UDPS) et Balamage Nkolo (AAB).

Au regard du rififi qui a précédé ce scrutin, l'Assemblée nationale pourrait afficher un bureau sans l'opposition. Une entorse qui ne manquera pas d'influer négativement sur la marche de la troisième législature de la troisième République.

Après avoir mis en déroute la candidature d'Henri-Thomas Lokondo, le FCC a réussi à faire élire Jeanine Mabunda, élue de Bumba, au perchoir de l'Assemblée nationale.

Elle sera assistée de deux adjoints, également sortis des rangs de la majorité parlementaire, à savoir Jean-Marc Kabund de l'Udps au poste de 1er vice-président et Balamage Nkolo d'AAB au poste de 2ème vice-président.

Célestin Musao d'AA/A récupère le poste de rapporteur. En l'absence de l'opposition qui a boycotté ce scrutin, le poste de rapporteur adjoint, censé lui revenir, a été laissé vacant.

C'est Mme Marie-Claire Alfani de l'AFDC-A qui a repris la questure de l'Assemblée nationale, assistée d'Unyon Vakpa d'AABC comme questeur-adjoint.

Seuls 383 députés nationaux, essentiellement issus de la majorité parlementaire, ont participé à ce scrutin, sur les 500 que compte l'Assemblée nationale.

A vaincre sans péril

La coalition FCC - CASH a gagné la mise au bureau de l'Assemblée nationale. Ce plébiscite consacre le contrôle total des débats parlementaires pendant ces cinq prochaines années. Mais, cette victoire a enlevé à cette élection la saveur et l'éclat qui auraient dû être sa substance.

En effet, il y a eu des candidatures uniques qui ont rappelé la triste période de la dictature. Jeanine Mabunda et son équipe ont certes triomphé, mais sans gloire.

Un recul démocratique d'autant plus que la démocratie électorale rime avec la compétition. Enlever aux élections l'esprit de compétition ressemble ni plus ni moins à la dictature.

Lamuka -la grande coalition de l'opposition parlementaire - qui pouvait jouer à fond le jeu, ayant décidé de ne pas être le dindon de la farce, il était de bon ton que la candidature d'Henri-Thomas Lokondo serve à pallier cette carence.

Le FCC a pris panique, se souvenant de la surprise Kengo au Sénat en 2007. Sans coup férir, l'ancien Premier ministre de Mobutu avait eu raison de She Okitundu, candidat de la majorité. Les états de service d'Henri-Thomas Lokondo ont donc fait trembler le FCC.

Par ailleurs, l'attitude de l'UDPS confortée par sa lutte démocratique vieille de 37 ans devrait rassurer que plus jamais des principes démocratiques aujourd'hui sacrifiés sur l'autel des intérêts d'une plateforme majoritaire.

Alliée du FCC dans la nouvelle majorité parlementaire, l'Udps a préféré plutôt fermer les yeux face à la forfaiture qui s'est commise au Palais du peuple. Le parti d'Etienne Tshisekedi, d'heureuse mémoire, a renoncé à ce qui a été toujours son idéal, c'est-à-dire le triomphe de la démocratie.

Apparemment, le plus important pour l'Udps était de parvenir à aligner un de ses représentants au bureau de l'Assemblée nationale.

Elle est d'ailleurs parvenue à le faire avec l'élection de Jean-Marc Kabund, son président ad intérim, au poste de vice-président de l'Assemblée nationale.

Si l'Unc, partenaire de l'Udps dans la coalition Cach, ne s'affiche pas au bureau définitif de l'Assemblée nationale, le parti de Vital Kamerhe est néanmoins partie prenante de la nouvelle majorité parlementaire.

Tout compte fait, c'est le FCC qui est le grand gagnant du jeu politique qui s'est joué mercredi à l'Assemblée nationale. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...

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