Congo-Kinshasa: Mise en place du bureau définitif de l'Assemblée nationale - L'opposition parlementaire saisit le Conseil d'Etat

N'ayant pas eu gain de cause dans la répartition des postes, l'opposition entend entreprendre des démarches auprès de l'instance nationale habilitée pour annulation de l'élection des membres de l'organe de direction pour violation de la loi. Sa requête s'adressa également aux instances interparlementaires africaines et internationales.

L'élection au perchoir de la chambre basse du parlementde la candidate de la coalition Front commun pour le Congo (FCC)-Cap pour le changement (Cach), Jeanine Mabunda, aura été balisée après le rejet de la candidature de son principal challenger, Henri-Thomas Lokondo, pour « conflit d'intérêt », vu son appartenance au regroupement Palu et alliés, affilié au FCC.

Ayant finalement pris acte de l'invalidation de sa candidature quoique récusant la procédure qu'il estime anticonstitutionnelle, l'élu de Mbandaka aura fait mauvaise fortune bon cœur, en acceptant de s'effacer au profit de Jeanine Mabunda.

Face à une candidature unique à la présidence de l'institution, les députés n'avaient qu'à constater le fait et à plébisciter celle qui, selon toute vraisemblance, jouissait déjà des faveurs des pronostics.

L'ex-conseillère de Joseph Kabila en matière de violences sexuelles aura comme adjoint, le bouillonnant Jean-Marc Kabund de l'Union pour la démocratie et le progrès social, élu premier vice-président.

Un ticket-gagnant qui, forcément, devrait susciter bien d'espoirs dans la gestion de cette institution parlementaire censée jouer pleinement son rôle régalien de censeur de l'action gouvernementale, en usant des moyens législatifs dont elle dispose.

Il s'agit, en l'occurrence, des interpellations via les questions orales ou écrites à adresser aux ministres véreux.

L'élection des autres membres du bureau n'aura été que de la pure formalité dans un hémicycle ayant affiché trois cent cinquante-trois députés sur les cinq cents que compte la chambre basse.

La majorité parlementaire FCC-Cach a, en effet, aligné un seul candidat à chacun des postes qui lui ont été réservés, à savoir la deuxième-vice présidence, le rapporteur, le questeur et le questeur adjoint. Aucun de ses candidats n'a été recalé.

Le boycott de l'opposition

Bien avant le début de cette séance plénière fort animée, l'opposition parlementaire avait annoncé les couleurs en réitérant son appel au boycott.

Dans leur majorité, les députés de la coalition « Lamuka » et autres indépendants ont séché la séance qui s'est tenue malgré tout, le quorum ayant été atteint, voire largement dépassé.

La nouveauté dans tout ceci est que l'opposition parlementaire, qui n'a jamais digéré la répartition des postes telle qu'elle a été faite, à son détriment, a saisi le Conseil d'État pour obtenir l'annulation de l'élection des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale.

C'est le député Christophe Lutundula (cadre du G7 et de Lamuka) qui a livré l'information, le 24 avril, tout en indiquant que lui et ses pairs de l'opposition entendent entreprendre des démarches auprès des instances interparlementaires africaines et internationales afin d'obtenir gain de cause à leurs revendications.

« L'opposition parlementaire informe l'opinion de ce qu'elle vient de saisir le Conseil d'État de sa requête en annulation pour violation de la loi, non seulement de la décision de l'assemblée plénière attribuant injustement six postes au bureau définitif contre un seul, celui de rapporteur adjoint, à l'opposition mais aussi de celle du bureau provisoire portant calendrier de l'élection du bureau définitif », a-t-il déclaré.

L'opposition déplore l'intransigeance de la majorité en rapport avec la répartition des postes à la chambre basse, dénonçant au passage une forme de diktat qui lui a été imposé par la majorité FCC-Cach.

Cherchant à rencontrer, la veille, le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, afin de solliciter son implication dans cet imbroglio en tant que garant du bon fonctionnement des institutions, la délégation de l'opposition parlementaire, qui s'est rendue à la Cité de l'Union africaine, n'a simplement pas été reçue.

« On nous a dit qu'il discutait avec le président Kabila et que nous pouvons rentrer et qu'ils allaient nous rappeler.

Nous sommes rentrés et jusqu'à présent on ne nous a pas rappelés », s'est plaint Christophe Lutundula. Lui et ses pairs ont assisté impuissants au plébiscite des membres du FCC qui contrôlent désormais la quasi totalité des postes du bureau définitif de l'Assemblée nationale.

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