Soudan: La rue maintient la pression sur la junte militaire

Le «train de la liberté» en route d'Atbara vers Khartoum

L'armée soudanaise ne semble pas prête à lâcher le pouvoir. La mobilisation continue pour réclamer une transition civile.

Au Soudan, les militaires ne semblent décidément pas prêts à lâcher le pouvoir après la destitution du président Omar el-Béchir.

Au sommet du Caire, plusieurs pays africains ont appelé à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois. Les Etats-Unis disent quant à eux soutenir la "demande légitime" des manifestants soudanais pour un gouvernement civil.

A Khartoum, les manifestants continuent de bloquer l'accès au quartier général de l'armée. Ils ne croient pas aux promesses du chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane. Celui-ci a assuré dimanche qu'il accèderait aux revendications des manifestants d'ici la fin de la semaine.

L'opposition, invitée à négocier avec les militaires, a claqué la porte des discussions et la colère reste grande dans les rues de la capitale.

L'opposant Madany Abbas Madany estime que l'armée joue la montre, "on s'en est bien rendu compte lors des négociations avec le Conseil militaire", dit-il. Parmi les manifestants, Reem déclare que "pour parler vraiment de liberté, il faut un gouvernement civil". Nasrallah Zobeir se montre confiant. Selon lui, les "jeunes sont enthousiastes et resteront mobilisés jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues."

Soutiens à l'armée

Le Conseil militaire a reçu une promesse d'aide humanitaire de la part de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis à hauteur de plus de deux milliards et demi de dollars.

L'Union africaine a adouci sa position lors du sommet du Caire, sous la houlette d'Abdelfattah al-Sissi : les pays réunis en Egypte réclament une "transition pacifique et démocratique" sous trois mois alors que l'Union africaine avait auparavant donné un délai de quinze jours seulement pour entamer la transition.

Bras de fer

Dans l'émission "Shababtalk" de la DW, Mohamed Yousef Ahmed Mustafa, leader du syndicat contestataire SPA (Sudanese Professionals Association) et professeur à l'Université de Khartoum, affirmait hier (23 avril) que la mobilisation va se poursuivre si le Conseil militaire reste sourd aux demandes du peuple soudanais qui exige le départ de tous les caciques du régime d'Omar el-Béchir:

"S'ils ne nous entendent pas, nous appellerons à la grève générale. Nous appellerons à la désobéissance civile, nous ne paierons plus nos impôts et nous bloquerons tout le pays", menace-t-il.

Les manifestants de Khartoum se disent déterminés à éviter un scénario à l'égyptienne : en 2011, Hosni Moubarak avait été renversé par la rue, emprisonné puis libéré. Quant à l'armée égyptienne, elle n'a finalement, en dépit de ses promesses d'alors, jamais rendu le pouvoir aux civils.

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