Ile Maurice: Intempéries - Quand la météo plombe l'économie

Les prix des légumes qui prennent l'ascenseur. Des employés contraints au chômage technique. Des retards dans la livraison des chantiers de construction... «Il y a bien des coûts directs et indirects liés aux intempéries», explique l'économiste, Azad Jeetun.

Déjà, au niveau des plantations, les prix de certains légumes ont subi une augmentation allant de 11 % à 13 % depuis dimanche. «Il y aura encore une hausse dans les semaines à venir pour les légumes mais également les fruits, le mauvais temps affectant le processus de pollinisation», explique Krepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters' Association.

Parmi les autres secteurs d'activité affectés par le mauvais temps, l'on retrouve la construction, l'hôtellerie et même le service public. Dans le cas des chantiers de construction, tout retard entraîne un coût supplémentaire. «Pour la rénovation du théâtre de Port-Louis, nous avons dû demander un peu plus de temps car les ouvriers ne peuvent pas travailler. Certains font le déplacement, nous payons le transport et, finalement, ils constatent que le chantier n'est pas praticable et ils doivent rentrer chez eux. Tous ces coûts supplémentaires sont puisés de notre marge de profits ou encore du budget pour l'achat de nouveaux équipements», explique Bhooshan Ramloll, directeur général du groupe qui porte son nom. Ce dernier d'ajouter que lorsque les travaux de construction sont encore au stade de fondations, le mauvais temps peut retarder les chantiers d'au moins cinq jours.

La baisse de productivité a une répercussion directe sur les coûts. «Dans certains secteurs, les employés ne travaillent par exemple qu'une demi-journée. Il y a ensuite les dégâts, les réparations et la construction de drains, entre autres, qui ont un coût», explique pour sa part l'économiste, Eric Ng en évoquant les dépenses liées aux intempéries.

Toutefois, il apporte une nuance : le budget du gouvernement fait déjà provision pour la construction de drains ou des compensations. «Tant qu'il n'y a pas d'infrastructures endommagées, il n'y a pas de coût conséquent au niveau national», ajoute-t-il.

Le secteur public passe aussi à la caisse en cas de mauvais temps. «Après toute inondation dans une région gravement touchée, un rapport de première main est préparé tout en proposant des mesures de réparation. Par la suite, la National Development Unit prend le relais pour les mesures correctives», explique Hurrydeo Bholah, Chief Project Manager de cette unité. Selon lui, dans les cas complexes et difficiles, un consultant est chargé de mener une étude approfondie. Par la suite, des mesures sont prises pour l'évacuation des eaux, conformément aux procédures d'appel d'offres et après la finalisation des problèmes d'acquisition de terrains. Tout ceci a un coût et il revient au ministère des Finances de décider du budget à allouer.

Récemment suite aux mauvais temps, c'est également la WasteWater Management Authority (WWMA) qui a vu ses activités affectées. «Quand il y a trop de pluie, l'entrepreneur ne peut pas travailler. Il demande plus de temps et cela entraîne des dépenses supplémentaires. Chaque retard, qu'il soit d'une journée ou d'une semaine, impacte sur le budget. Il nous faut donc faire des demandes de budget additionnel», explique Sulaiman Hansrod, chairman de la WWMA.

Mais, à en croire les météorologues, la situation est appelée à empirer.

«Selon les conclusions du Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le mauvais temps deviendra de plus en plus fréquent», indiquait le directeur de la station météo de Vacoas, Prem Goolaup, dans une interview accordée à l'express en février. Que faire donc pour considérer le mauvais temps comme facteur dans tout montage financier pour un projet ?

La gestion des risques est plus que jamais importante à considérer, est d'avis Vashish Ramkhalawon, secrétaire général de l'Insurers' Association. Car si la population devientde plus en plus consciente des risques liés aux changements climatiques, elle n'est pas pour autant attirée en masse par les bureaux d'assurance. «Il y a une augmentation du nombre de personnes qui s'intéressent aux assurances mais il y a une nécessité pour plus de sensibilisation», insiste Vashish Ramkhalawon.

Selon lui, quand on parle de mauvais temps, le réflexe est souvent de parler de réclamation pour les voitures, l'assurance étant de toute façon obligatoire. Sauf que les maisons aussi, par exemple, sont à risque. «Il y a encore à faire à ce niveau. Il y a déjà des formules adaptées mais les gens doivent se renseigner. Même pour les voitures, il est nécessaire de faire attention à ajouter le terme 'flooding' dans les risques couverts. Les prix pour contracter ces assurances ne sont pas forcément plus élevés à cause de la demande. Au contraire, il y a plus de compétitivité.»

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