Libye: Assaut sur Tripoli - La Maison Blanche a donné son feu vert à Haftar

Washington — Le président Trump aurait donné son feu vert au général à la retraite Khalifa Haftar pour prendre Tripoli, marquant un tournant décisif dans la position des Etats-Unis à l'égard de la crise en Libye, confient des diplomates américains à Bloomberg.

La Maison Blanche a annoncé vendredi dernier dans un communiqué que le président Trump et Khalifa Haftar ont discuté le 15 avril d'une "vision commune" pour la transition en Libye. La présidence américaine a loué le rôle de Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de la Libye.

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Un second entretien téléphonique avec le chef du National Security Council, John Bolton, a donné aussi l'impression à Haftar d'avoir reçu le feu vert de la Maison Blanche pour poursuivre son offensive militaire contre Tripoli, confient trois diplomates américains qui se sont exprimées à Bloomberg sous couvert de l'anonymat.

Ces révélations vont au-delà de la déclaration publiée par la Maison Blanche vendredi. L'information, selon laquelle, le chef de la Maison Blanche a reconnu tacitement Haftar a brusquement miné le gouvernement d'Union National libyen (GNA) reconnu par la communauté internationale.

Selon les mêmes sources, l'entretien téléphonique entre Trump et Haftar est intervenu six jours après la visite du président égyptien, Abdel fattah El-Sissi à Washington. Ce dernier a demandé à son homologue américain d'apporter le soutien des Etats-Unis à Khalifa Haftar.

Trump s'est également entretenu jeudi dernier avec le prince héritier d'Abou Dhabi, également commandant suprême des forces armées des Emirats arabes unis, Mohammed Bin Zayed Al Nahyan, qui a plaidé la cause de Haftar auprès de la Maison Blanche, révèlent les mêmes sources.

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Par ce rapprochement du général à la retraite Khalifa Haftar, la Maison Blanche se démarque de la traditionnelle position américaine sur la crise en Libye, réitérée récemment par le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo.

Dans une déclaration, publiée le 7 avril, le chef de la diplomatie américaine s'est clairement opposé à l'offensive militaire menée par les troupes de Khalifa Haftar, exigeant l'arrêt immédiat de l'assaut sur Tripoli.

Peter Bode, le chargé d'affaires américain en Libye, a mis en garde Haftar contre une telle aventure, en déclarant lors d'une réunion tenue en février à Abou Dhabi, que la capitale Tripoli était "une ligne rouge", affirment ces sources diplomatiques.

Trump et Bolton sont à l'origine du changement de cap en Libye. Washington qui a initialement soutenu l'initiative britannique au Conseil de sécurité pour arrêter les combats a stoppé ensuite ses efforts, opposant une résistance à un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu aux belligérants.

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