25 Avril 2019

Burkina Faso: Dialogue politique - Le CFOP en attend des décisions consensuelles fortes

Contrairement à son rendez-vous hebdomadaire chaque mardi avec la presse, c'est plutôt le jeudi 25 avril 2019 que le Chef de file de l'Opposition politique au Burkina Faso (CFOP/BF) a rencontré les acteurs des médias à Ouagadougou. Zéphirin Diabré et ses collaborateurs ont essentiellement échangé avec eux sur le prochain dialogue politique initié par le chef de l'Etat, avant d'évoquer quelques sujets d'actualité liés à la vie de la nation.

Tenant compte de l'engagement pris avant le début de chaque point de presse du CFOP, le public a été invité à avoir une pensée pieuse pour les victimes du massacre de Yirgou, intervenu il y a de cela 125 jours à la date d'hier.

Jusque-là, il n'y a pas de début de justice, a fait remarquer Zéphirin Diabré, tout en interpellant le Président du Faso et la Justice burkinabè sur le cas de Yirgou et sur tous les autres massacres ethniquement motivés.

En rappel, c'est le 1er avril dernier que le Premier ministre, en visite de courtoisie au siège du CFOP, a annoncé la tenue prochaine d'un dialogue politique sous l'égide du chef de l'Etat.

Une délégation du CFOP a par la suite été reçue par le locataire de Kosyam le 4 avril courant pour échanger avec lui sur ce fameux dialogue politique concernant le référendum et le vote des Burkinabè de l'extérieur. Date retenue : le 28 avril 2019.

Lors de la rencontre, précise le CFOP, la délégation a insisté pour que les sujets de dialogue dépassent les aspects purement politiciens pour prendre en compte les questions de la vie nationale et les problèmes des citoyens burkinabè.

La proposition ayant été acceptée, l'opposition politique a été invitée à fournir une liste de questions qu'elle souhaiterait voir inscrites à l'ordre du jour du dialogue.

Cette liste, transmise à qui de droit le 10 avril, comportait des propositions réparties en 7 grands thèmes et 39 sous-thèmes. Il s'agit de : la situation sécuritaire, la réconciliation nationale, l'unité nationale et la cohésion sociale, le code électoral et les élections de 2020, la gouvernance et les questions sociales.

Le CFOP a aussi conditionné sa participation au dialogue au respect de deux préalables que sont le statut et le cadre réglementaire de ce dialogue, les modalités de mise en œuvre et de suivi des décisions qui seront issues de la rencontre.

Pour lui, il n'est pas question de se retrouver pour parler de tout et de rien sans qu'il y ait de solutions concrètes aux problèmes des Burkinabè.

Pour l'opposition politique, la crise que traverse le Burkina actuellement est si grave qu'il est nécessaire de mettre beaucoup de sérieux dans le dialogue annoncé. Malheureusement, souligne le CFOP, de nombreux faits montrent que l'initiateur du dialogue lui-même n'y accorde pas toute l'importance qu'il faut.

A la date où se tenait la conférence de presse, les différents protagonistes ne savaient pas encore où se tiendrait la rencontre (entendu que d'autres évènements à caractère national comme la Journée nationale du paysan sont programmés à la même période) ni quels seraient les points qui y seraient débattus et encore moins comment se dérouleraient les travaux.

Y a-t-il oui ou non négociations avec les terroristes ?

Depuis qu'il est aux commandes de l'Etat, soutient Zéphirin Diabré, le pouvoir du MPP n'a jamais songé à rencontrer l'opposition sur les problèmes du Burkina. Il trouve par conséquent suspecte sa soudaine attitude.

Elle est d'autant plus suspecte, martèle-t-il, qu'elle se manifeste à un moment où les foyers de contestations se multiplient, alors que se profilent à l'horizon les élections de 2020.

En tous les cas, le CFOP n'attend qu'un dialogue sincère qui abordera des problèmes de fond qui aboutiront à des décisions et recommandations consensuelles fortes, immédiatement applicables.

Abordant les questions liées à la situation nationale, le CFOP a notamment donné son point de vue sur les révélations d'Africa Intelligence selon lesquelles Roch Marc Christian Kaboré aurait repris les recettes de son prédécesseur et négocierait avec les terroristes.

Une incohérence doublée de tâtonnements dans la manière de gouverner de Roch Marc Christian Kaboré, crie le CFOP, puisqu'il a maintes fois déclaré qu'il ne négocierait pas avec les terroristes.

Zéphirin Diabré et ses collaborateurs demandent au président du Faso de dire toute la vérité sur cette affaire, vu qu'en tant qu'Opposition qui aspire à gérer le pays, elle n'entend pas hériter de promesses faites dans le cadre de deals conclus en son absence et qu'il lui faudra honorer.

Sur le sujet, le CFOP se dit prudent mais est fondé à croire qu'il n'y a pas de fumée sans feu, ce d'autant plus que c'est un média sérieux qui a déjà eu à dire des choses qui se sont confirmées qui a donné l'information.

Il est revenu sur l'ébullition du front social malgré l'annonce d'une remise à plat des rémunérations avant de se féliciter, au passage, de la prouesse de chirurgiens burkinabè ayant effectué avec succès au CHU-Tengandogo une opération chirurgicale du cœur sur une fillette de sept ans.

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