Soudan: "Marche du million" pour forcer la main aux militaires

Un véhicule de l'armée assistant à la manifestation du 25 avril à Khartoum.

Les meneurs de la contestation au Soudan ont appelé à une "marche du million" pour maintenir la pression sur les militaires au pouvoir. Les négociations s'orientent vers un partage du pouvoir entre militaires et civils.

Pour la première fois, des juges ont exprimé, à travers un communiqué, leur intention de rejoindre la "marche du million". L'association professionnelle des juges soudanais dit vouloir ainsi soutenir le changement et réclamer un système judiciaire indépendant. Auparavant, des centaines de personnes se sont réunies ce jeudi devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Il y avait dans la foule, des gens venus des Etats de Jazira et du Nil Bleu.

Sur les images qui circulent on aperçoit aussi des militaires portant un béret rouge assis dans un pick-up, brandissant leurs armes en signe de solidarité avec les manifestants. Pourtant, c'est bien contre les militaires au pouvoir que ce rassemblement était organisé. "Non aux dirigeants militaires", peut-on lire sur certaines banderoles.

Des pas dans la bonne direction

Une manifestation donc, alors que le Conseil militaire a annoncé avoir conclu un "accord" avec l'Alliance pour la liberté et le changement. La veille, le lieutenant général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition indiquait que l'armée et les représentants des manifestants avaient "convenu de former un comité conjoint pour discuter des points liés au transfert du pouvoir et adopter une solution qui associe le Conseil militaire et l'Alliance pour la liberté et le changement."

Même si cette déclaration est vague, elle laisse toutefois entendre qu'un consensus pourrait s'établir sur un partage du pouvoir entre militaires et civils. Et les propos d'Ahmed al-Rabia semblent le confirmer. Il est un des leaders de la contestation qui participent aux négociations. "Nous sommes tombés d'accord sur la formation d'un comité chargé de réfléchir sur le processus de la transition et les prérogatives des militaires ainsi que de leur institution", explique-t-il.

Mercredi, trois responsables militaires réputés proches du président déchu Omar el-Béchir ont démissionné. Un nouveau pas donc dans la satisfaction des demandes de la rue. Cette semaine, Abdel Fattah al-Burhan, le chef du Conseil militaire, a aussi promis que l'armée ne ferait pas usage de la force à l'encontre des manifestants.

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