Sénégal: Conseil présidentiel sur l'enseignement supérieur - Les rendez-vous ratés de Macky Sall

Alors qu'il avait déjà raté le rendez-vous de juillet 2018 en annonçant, en conseil des ministres du 23 mai 2018, un conseil présidentiel sur l'évaluation des réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche, le président de la République est en passe de ne pas respecter un autre engagement à cinq (5) jours de la fin du mois d'avril.

Macky Sall avait donné rendez-vous aux acteurs sociaux au mois d'avril 2019 pour engager la lancinante question de l'indemnité de logement dont les conclusions de l'étude sur le système de rémunération sont disponibles. Hélas, rien n'a été fait! Du moins pour le moment. Le climat social risque de prendre encore un sacré coup.

Le nouveau mode gouvernement dénommé «Fast-track» crié sur tous les toits devra aussi s'appliquer sur les engagements pris et non respectés par le gouvernement auprès des acteurs sociaux.

Mamadou Talla, ministre de l'Education et Cheikh Oumar Hann de l'Enseignement supérieur, auront la lourde tâche de «monitorer» les accords déjà signés mais aussi et surtout de diligenter des rencontres annoncées par le Président. Echec ou question de timing d'un agenda ponctué par les élections présidentielles ?

En tout cas, un conseil présidentiel sur l'évaluation des réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche avait été soulevé par Macky Sall au lendemain de la mort de Fallou Sene.

En conseil des ministres en date du 23 mai 2018, le président avait donné rendez-vous aux acteurs en début juillet 2018 pour tenir une rencontre très importante pour le suivi des 11 décisions présidentielles.

Tant attendu par les acteurs, le conseil présidentiel n'aura pas lieu, tout comme l'organisation d'une réunion interministérielle d'évaluation exhaustive et de suivi des décisions de la concertation nationale sur l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les priorités seraient-elles ailleurs ?

A moins que les urgences du secteur universitaire soient prises par le programme de réformes de l'enseignement et de la recherche et un plan de développement sur 5 ans (2013-2017).

Une telle rencontre aurait permis de marquer un temps d'arrêt sur les onze décisions issues des Cnaes et d'orienter, s'il le faut, les mesures déjà prises à l'heure de nouveaux enjeux.

Car, les acteurs, notamment les syndicats attendent des réponses sur les déficits d'infrastructure et de personnel, sur l'autonomie financière des universités publiques et enfin sur la gouvernance du secteur.

En attendant la tenue du conseil présidentiel sur les réformes universitaires, le gouvernement actuel risque de rater encore un autre rendez-vous pourtant calé en ce mois d'avril.

A l'occasion de la cérémonie de remise du prix du chef de l'Etat pour l'enseignant, Macky Sall avait pourtant déclaré : «je prends l'engagement de recevoir les syndicats si le mot d'ordre est levé. Levez le mot d'ordre au nom de l'intérêt national !

Ensemble, nous étudierons les questions et celles non monétaires telles que l'accès au logement, l'accès au foncier. Je vais ouvrir des discussions au mois d'avril, s'il-plait à Dieu, pour regarder la problématique du régime indemnitaire dans notre administration».

Ainsi, les camarades de Mballo Dia Thiam de la coalition And Gueusseum suspendent le mouvement. Le secteur de la santé connaît dès lors une accalmie, tout comme le système éducatif favorisé par un contexte électoral.

«A quelques jours de la fin du mois d'avril, il n'y a aucune perspective pour tenir une telle rencontre», nous confie une source syndicale.

Alors que les acteurs avaient formulé des recommandations à l'issue des travaux de l'atelier de partage des conclusions de l'étude organisés par le ministère de la Fonction publique, les syndicats attendent un «fast track» sur le travail déjà entamé.

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Plus de: Sud Quotidien

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