26 Avril 2019

Cameroun: Maurice Kamto Terminator

On voit le résultat. La volonté des Camerounais de tourner la page est dans la logique des choses. Non seulement parce qu'elle exprime le rejet d'un pouvoir patibulaire. Mais aussi parce qu'elle manifeste l'exaspération d'une jeunesse assoiffée de justice sociale et de liberté contre un régime corrompu et clanique.

Le Cameroun est un pays riche qui vit dans la misère. Un pays fractionné et divisé. Un pays Où les revenus du pétrole sont confisqués, où les diplômes ne mènent nulle part. Un pays où le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), qui n'est que le prolongement de l'UNC (Union nationale camerounaise) verrouille tout depuis l'indépendance... Autant de motifs qui expliquent, en grande partie, la présence de plus d'un million de ses ressortissants dans la diaspora - qui fait bouger les lignes - .

Tout ceci par le truchement d'un homme : Maurice Kamto. Le président élu. L'homme de la circonstance.

La désintégration rapide de l'unanimité autour d'un patriotisme de façade le montre : l'intervention intempestive de l'armée et de l'oligarchie a relancé les divisions. Dans l'esprit de la prévention d'un conflit à venir. Le parlement européen a saisi le taureau par les cornes. La pire des menaces est là: L'hydre des guerres tribales a semé ses germes. La non-ingérence est un paravent diplomatique bien commode. Et compréhensible. Mais, l'urgence dans le cas d'espèce en vaut la peine.

Le Cameroun a déjà chèrement payé le prix du sang dans les années 50 et 90. Et, depuis 2016, avec la crise anglophone, le sang coule à flots. Aujourd'hui rien n'autorise à laisser ce pouvoir faire ce qu'il veut, car ce serait exposer la sous-région au chaos. La moindre prise de parole de la communauté internationale, serait entendue comme du néo-colonialisme. Et pourtant cette même communauté est sollicitée pour son expertise militaire, sanitaire, financière, etc.

Les indices d'une implosion sont réunis. La posture qui consiste à dire Biya plutôt que le chaos n'est plus tenable. Tout porte à croire que Maurice Kamto est l'homme de la situation. Les Camerounais doivent saisir cette occasion idoine qui nous est donnée, pour mettre hors d'état de nuire ce système inique. Les Camerounais doivent avoir la plus grande vigilance, Biya veut monter les uns contre les autres. Ailleurs, les printemps arabes ont montré que le romantisme de la libération le cédait rapidement à la barbarie. Après le départ imminent de Biya, que cela ne soit pas notre portion.

Biya ferait mieux de se rendre à la réalité. Le pouvoir de Yaoundé ne semble guère s'embarrasser de scrupules. Et on ne peut, face aux accusations d'une auguste institution comme le parlement européen, parler d'instrumentalisation politique, et d'ingérence. Le peuple camerounais ne devrait que se féliciter de la persévérance des eurodéputés, dont le travail a révélé les pratiques pour le moins curieuses qui sont courantes au Cameroun. Ceux qui se sont amusés du vaudeville dont Biya est passé maître, ont oublié que la comédie pouvait aussi mettre en danger la fierté nationale, à travers les dysfonctionnements du sommet de l'État.

Jamais au Cameroun un chef d'État ou membre du gouvernement n'avait pris la peine de s'adresser de la sorte aux citoyens. Le porte-parole du gouvernement, qui convoque une conférence de presse aux environs de minuit, on dirait des vigies pascales. Le président via un média social, qui supplie son peuple de s'unir, pardi ! Son initiative est lourde d'ambitions. Sans doute entend-il ainsi montrer que l'Union européenne ne peut agir par-dessus son pouvoir.

Il y a évidemment plus de calcul que de sincérité dans sa démarche. Reste qu'avant de séduire les foules, il doit déjà s'assurer de sa légitimité. La sérénité n'est plus au rendez-vous, tant la tempête politico-judiciaire dans laquelle il s'est empêtré, va l'emporter.

Il y a déjà vacance du pouvoir. A sa sortie de prison, Maurice Kamto ira prendre les rênes de la Nation.

Cameroun

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