Algérie: Le maintien de la présidentielle au 4 juillet exposera le pays à "une parodie électorale"

Alger — Le parti Talaie El-Hourriyet a estimé samedi que le maintien de la présidentielle programmée au 4 juillet exposera le pays à la situation d'"une parodie électorale", soulignant que l'application "exclusive" de l'article 102 de la Constitution a mené à "une impasse politique et constitutionnelle".

"(...) maintenir obstinément la tenue des élections présidentielles, à son échéance constitutionnelle, ne peux qu'exposer le pays à la situation d'une parodie électorale sans candidats et sans électeurs avec comme résultat un président dépourvu de toute légitimité", a-t-il averti dans un communiqué publié à l'issue de la réunion du Bureau politique du parti, tenue samedi sous la présidence d'Ali Benflis, président du parti.

Fustigeant "l'attitude et les manœuvres de ceux qui s'accrochent au pouvoir", Talaie El-Hourriyet s'est dit "convaincu que la solution de la crise passe nécessairement par le départ des figures emblématiques du régime et un traitement tout à la fois constitutionnel et politique de la crise".

Pour le parti de Benflis, "la mise en œuvre intégrale et exclusive de l'article 102 de la Constitution a mené, manifestement à une impasse politique et constitutionnelle", soutenant que, "en dehors de la démission du président de la République, tout le reste de son dispositif entre en conflit frontal avec les revendications légitimes de la révolution démocratique en marche dans notre pays".

Il a plaidé, à cet égard, pour "l'application des articles 7, 8 combinés à l'article 102 de la Constitution", estimant que celle-ci "constitue la meilleure solution pour une sortie de l'impasse actuelle".

"Le recours à ces deux articles de la Constitution qui fait l'objet d'une large acceptation parce qu'ils traduisent les aspirations populaires, offre une couverture constitutionnelle solide au volet politique de la solution de la crise", a-t-il expliqué.

Il a regretté, dans ce contexte, l'attitude du pouvoir politique, en place, qui "s'entête à imposer sa solution qui consiste à gérer lui-même la transition en maintenant en poste des responsables que le peuple a rejetés".

Le "rejet généralisé" des consultations lancées par le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, "était tout à fait prévisible", selon le parti de Benflis qui a mis en avant le rejet par le mouvement populaire de "toutes les initiatives qui émanent des nouvelles autorités qu'il considère, à juste titre, illégitimes, comme le reste du système corrompu".

Il a estimé, à ce propos, que "ces consultations ne peuvent être perçues autrement que comme une diversion et une manœuvre dilatoire ayant pour but de sauver ce qui peut l'être du régime politique en place moyennant le sacrifice des éléments les plus compromettants et de quelques réformes dans la gouvernance, permettant au régime politique de se présenter dans de nouveaux habits, avec un nouveau visage".

Le parti Talaie El-Hourriyet a soutenu que les Algériens "ont besoin d'une démarche globale et cohérente et de visibilité qui les rassurent et assurent au pays une sortie prompte et ordonnée de cette crise pour une prise en charge diligente et effective des aspirations et des demandes de la révolution populaire".

Il a appelé, à ce titre, au "départ de ceux que le peuple algérien réprouve et leur remplacement par des personnalités consensuelles", estimant que cette démarche "sera de nature à ouvrir la voie à des consultations impliquant les représentants du mouvement populaire, les forces et personnalités de l'opposition qui soutiennent ce mouvement, et les forces vives de la nation, pour arrêter les termes d'une transition d'une durée raisonnable devant mener à une élection présidentielle dont le résultat sera incontestable".

Le parti de Benflis a souligné, par ailleurs, "l'impératif de la protection et de la défense de l'Etat national par toutes les forces patriotiques", relevant que "le vide institutionnel qui risque de perdurer si la situation reste en l'état, la situation sécuritaire délicate aux frontières, la gravité de la situation économique, la porte ouverte aux interférences étrangères, sont autant de facteurs qui menacent la pérennité de l'Etat national".

Il a insisté, également, sur "la préservation et la consolidation de l'unité nationale", appelant à la vigilance pour ne pas "créer des clivages au sein de la Nation" et "diviser le mouvement populaire".

Talaie El-Hourriyet a affirmé, en outre, que "la Justice se doit d'agir sans laisser le moindre doute sur son impartialité en n'ayant pour seul guide que la primauté de la loi et l'égalité de tous devant elle".

Le parti de Benflis s'est félicité, par ailleurs, de l'engagement de l'institution militaire à "apporter son soutien à un règlement +qui garantit la satisfaction de toutes les revendications légitimes+ du peuple

algérien et +acceptable+ pour tous", estimant que l'institution militaire "peut aider à parvenir à cette solution comme l'exige son devoir patriotique et le sens élevé qu'elle a de ses responsabilités nationales".

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