Bénin: Législatives - Peu d'électeurs et des incidents dans le Nord

Bureau de vote numéro 3 de l'école primaire publique d'Ouenlinda.

Au Bénin, pays réputé pour être un exemple de démocratie en Afrique de l'Ouest, les électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour élire leurs députés lors d'un scrutin historique où l'opposition n'a pas été autorisée à se présenter. De l'avis de certains observateurs sur place, le pays n'a jamais connu pareille situation. Résultat cela c'est ressenti au sein des bureaux de vote.

Sur le taux de participation, le constat de journalistes à Cotonou et à Porto Novo, c'est qu'il n'y a pas eu affluence dans les bureaux qu'ils ont visités. Un constat que le dépouillement a confirmé par endroits. Tous les leaders de l'opposition qui ont appelé au boycott ont boudé le vote. Aucun d'eux ne s'est déplacé.

On attend les estimations nationales des observateurs et de la Commission électorale. Ni l'opposition ni le pouvoir ne diffusent pas encore des chiffres mais on s'attend à une guerre des chiffres sur le taux de participation, un des enjeux majeurs de cette élection.

A Cotonou il n'y a pas eu d'incidents majeurs. En revanche la journée a été chaude au Nord, avec de violentes manifestations qui ont empêché le déroulement du vote à Tchaourou-centre, ville natale de l'ancien président Boni Yayi.

A Parakou, la plus importante ville du Nord, des jeunes très mobiles sont passés dans plusieurs bureaux de vote pour saccager les urnes ou les brûler. Glazoué et Savè, deux villes des Collines, ont également été secouées par des violences. De bonnes sources, on apprend qu'il y a eu six arrestations à Glazoué.

La Cena n'as pas encore fait son point de la journée. Quant aux premières tendances, la commission électorale les promet pour mardi.

Dépouillement à l'école primaire de Porto Novo, sur 409 inscrits on compte 46 votants

Pas plus de monde en cette fin d'après-midi à Porto Novo au moment du dépouillement que tout au long de la journée. D'ordinaire au Bénin, les électeurs viennent très nombreux pour assister à cette étape cruciale d'un processus électoral. Ce sont des moments de vigilance, des moments où l'on vérifie que chaque voix est bien comptabilisée, qu'un bulletin n'est pas injustement annulé.

Dimanche soir à Porto Novo, rien de tout cela. Seulement une poignée de citoyens s'est déplacée. Parmi eux, certains ont boycotté le scrutin aujourd'hui, mais ils viennent s'assurer que personne ne « gonfle le taux de participation », comme ils disent.

Pour le reste, c'est l'indifférence quasi générale. « Bloc républicain ou Union progressiste, quelle est la différence, tous sont des enfants de notre président », explique un partisan de l'opposition.

La tension très forte ce matin est retombée au fil de la journée. Aucun trouble n'a été signalé à Porto Novo. Le dispositif sécuritaire était discret. Et cette image qui reste dans les esprits : celle des cours d'école désertées. « J'ai 50 ans, je n'ai jamais vu ça, je dois le reconnaître », confiait un électeur.

Dans le bureau de vote numéro 1 de l'école d'Avakpa : sur 409 inscrits, on compte 46 votants.

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Plus de: RFI

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