Congo-Kinshasa: Certains commerces profitent de la lutte contre Ebola

Un agent de santé attend de recevoir un nouveau patient non confirmé d'Ebola dans un centre de traitement Ebola construit et financé par MSF à Bunia.

La lutte contre Ebola est devenu une source de revenus pour les loueurs de voitures et les hôtels abritant les ONG.

La présence dans la région de Beni de nombreuses ONG mais aussi d'équipes médicales congolaises venues sur place pour lutter contre l'épidémie d'Ebola a des conséquences économiques inattendues.

En effet, presque tous les hôtels, les véhicules 4×4 et même les maisons sont loués par les organisations engagées dans la riposte contre Ebola. La conséquence est une flambée des prix.

Ainsi, avant l'apparition d'Ebola dans le Nord-Kivu et dans la province de l'Ituri, la location d'une Jeep 4×4 coûtait 50 dollars par jour. Aujourd'hui, c'est 100 dollars. En témoignent ces propos d'habitants :

"Les gens qui bénéficient de ça sont les propriétaires des hôtels, des véhicules, ils n'ont pas besoin que cela prenne fin. Qu'on fasse tout pour éradiquer Ebola."

"Ça nous pénalise parce qu'avant Ebola on louait une Jeep à 40 ou 50 dollars mais maintenant c'est devenu un problème. D'ailleurs trouver une jeep à louer devient difficile. Presque toutes les Jeeps disponibles sont prises."

"L'épidémie d'Ebola est un business qui permet aux nantis de préparer leur avenir pendant que nous on meurt."

Bruno Balumbi, un des propriétaires de véhicules de location qui travaille avec plusieurs équipes médicale, dément le fait qu'Ebola soit seulement bon pour les affaires. Pour lui, ses véhicules aident aussi à lutter contre l'épidémie.

"Avant Ebola, nous faisions déjà des affaires. Il faut aider les gens à comprendre que ce n'est pas Ebola qui va nous enrichir. Ebola est une maladie et nous devons nous liguer pour son éradication. Si mon véhicule sert à lutter contre Ebola, et que vous aussi vous sensibilisiez trois ou quatre personnes, ces efforts conjugués vont permettre de vaincre l'épidémie."

Depuis août 2018, certaines organisations non gouvernementales, nationales et internationales, qui avaient fermé leurs portes faute de financements, sont réapparues à la faveur de la lutte anti-Ebola.

La population de la région, déjà réticente à se soumettre aux principes de prévention, vit donc parfois mal les dépenses nécessaires aux équipes médicales pour se déplacer et se loger.

Pourtant, ces équipes sont là pour sauver la vie des habitants. Par ailleurs et pour ce qui concerne la campagne de vaccination contre Ebola, les contacts à haut risque vaccinés reçoivent une ration alimentaire durant 21 jours, qui correspond à la période d'observation.

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