1 Mai 2019

Afrique de l'Ouest: G5 Sahel - Frau Merkel s'en va-t-en guerre

Photo: L'Observateur Paalga
La chancelière Angela Merkel est en effet arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou pour une rencontre bilatérale entre la République Fédérale d’Allemagne et le Burkina Faso, suivie dans la foulée d’un sommet extraordinaire avec les chefs d’Etat membres du G5 Sahel.
analyse

C'est un ange qui est venu à Ouagadougou pour tenir un conseil de guerre. La chancelière Angela Merkel est en effet arrivée hier dans l'après-midi à l'aéroport international de Ouagadougou pour une rencontre bilatérale entre la République Fédérale d'Allemagne et le Burkina Faso, suivie dans la foulée d'un sommet extraordinaire avec les chefs d'Etat membres du G5 Sahel. C'est la première visite d'un chancelier, depuis le début des relations diplomatiques entre l'Allemagne et la Haute Volta en 1961.

Après Ouagadougou, Frau Merkel se rendra au Mali, notamment à Gao, pour rencontrer les soldats de la Bundeswehr en poste dans le cadre de la Mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusma). Elle achèvera sa tournée sahélienne par Niamey au Niger où elle visitera l'EUCAP, la mission de l'Union européenne chargée de former les forces de sécurité nigériennes, à laquelle l'Allemagne est partie prenante aux côtés de 11 autres pays du vieux continent.

C'est donc une tournée au pas de charge frappée du sceau sécuritaire qu'Angela Merkel effectue pour « exprimer l'engagement de l'Allemagne en faveur de la stabilité et de la coopération pour le développement dans la région et pour soutenir la lutte de ces pays contre l'extrémisme ».

Et cela, alors que la force commune aux cinq pays de la ligne de front peine à prendre corps sur le terrain, engluée qu'elle est dans d'inextricables difficultés, notamment pécuniaires. Le nerf de la guerre manque, malgré les nombreuses promesses faites tambour battant par les pays européens et bien d'autres partenaires comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine et les monarchies du Golfe.

Des engagements que la table ronde des bailleurs de fonds tenue à Bruxelles en février 2018 a largement suscités, mais qui hélas ne seront pas toujours suivis d'effets. Tant et si bien qu'avec un besoin de financement chiffré à plus de 420 millions d'euros pour le lancement de ses opérations, la force conjointe, de quelque 5000 hommes, est aujourd'hui une armure vide sans existence réelle sur le théâtre des opérations.

Du coup, on en vient à se demander, au-delà des habituels vœux pieux et des déclarations d'intentions des dirigeants, à quoi pourra bien servir le conclave de Kosyam dont le locataire assure depuis février dernier la présidence en exercice du G5 Sahel. A dire vrai, on redoute qu'il ne s'agisse que d'une rencontre de plus alors que la machine, qui toussote depuis maintenant trois années, a besoin de carburant pour avancer. Et elle en a d'autant plus que jamais besoin que la situation s'est particulièrement détériorée dans certains pays comme le Mali et le Burkina où aux actes terroristes habituels se sont greffées des violences intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Alors, il faudra bien plus que le séjour de la femme la plus puissante d'Europe pour redonner espoir à des populations qui semblent livrées à elles-mêmes et qui se demandent si cette force censée les protéger existe vraiment.

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