2 Mai 2019

Sénégal: Précarité de la presse - Le SYNPICS indexe des «patrons délinquants à col blanc»

Photo: 263Chat
(Photo d'archives) - La police de la République du Zimbabwe et la police municipale de Harare ont assiégé le bureau 263Chat aux Batanai Gardens avant de tirer trois bouteilles de gaz lacrymogène à l'intérieur du bureau cubique et ont fermé la porte à l'extérieur, laissant 16 personnes suffoquer à l'intérieur cet après-midi.

Face à la précarité de la presse, le syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) ne cherche pas loin pour expliquer ce secteur «à genou». Ou presque.

Le secrétaire général du syndicat des journalistes a déclaré devant le Président de la République que : «beaucoup de patrons de presse, pas tous heureusement, sont des délinquants à col blanc qui abusent de leur station, et prennent en otage leurs journalistes, avec la complicité passive de l'Etat qui ne sévit jamais, ou presque».

En parlant ainsi, à l'occasion de la cérémonie de remise des cahiers de doléances au chef de l'Etat, Ahmadou Bamba Kassé dit rendre compte de «la situation de déliquescence dans laquelle se trouve la plupart des jeunes reporters, laissés à eux-mêmes, à la merci de Patrons de Presse qui ne leur assurent parfois même pas de contrat de travail».

Et pourtant, poursuit-il, «ces Patrons de presse émargent allègrement au Registre de l'Aide à la Presse, encaissent la Publicité, et bénéficient même parfois d'une amnistie fiscale sans pour autant payer les Impôts, sans reverser les cotisations sociales, sans même parfois assurer une couverture médicale minimale à leurs travailleurs».

Dénonçant le défaut d'organisation du secteur des médias, M. Kassé a aussi dénoncé «le modus operandi» des patrons de presse en ces termes : «il en est même un, qui, pour ne pas exécuter une décision de justice en faveur de journalistes, a immatriculé le patrimoine de son organe dans d'autres entreprises détenues par sa progéniture».

Le Secrétaire général du Synpics rappelle à Macky Sall, après le vote de la loi portant Code de la presse en juin 2017, que «les deux projets de décret pour instituer le fonds d'appui et de développement de la presse et la commission de la carte nationale de presse, attendent dans les tiroirs des services de l'administration centrale depuis leur transmission intervenue en septembre 2018».

Il en est de même, selon lui, du projet de mise en place de la Haute Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle (Harca), annoncé en grande pompe depuis le mois d'août 2018 et qui, jusqu'ici, ne connaît pas de suite concrète.

Toujours dans le sillage des textes qui attendent application pour la réglementation du secteur, Ahmadou Bamba Kassé relève la non effectivité de la Convention collective des Journalistes, techniciens et autres travailleurs des médias.

«Déposée par les soins du Synpics au greffe du tribunal du travail depuis 2018, elle n'est pas appliquée par les employeurs», dénonce-t-il.

M. Kassé a aussi exprimé comme préoccupation le déficit d'administration de la Maison de la Presse qui, depuis qu'elle est érigée en Etablissement Public, ne dispose d'aucune structure de gouvernance.

Macky demande l'application du Code de la presse

«Je demande aux ministres concernés de travailler à l'application du Code de la presse. Les textes doivent être finalisés.

Nous allons poursuivre et renforcer l'aide à la presse», assure Macky Sall en réponse aux interpellations. Non sans inviter le Synpics à mener le débat pour la régulation de la presse.

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